"Que Sarkozy rende l'argent qu'il a accepté de la Libye" : c'est une petite bombe que Saïf Al-Islam, le fils de Mouammar Kadhafi, lance le 16 mars 2011, alors que la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis s'apprêtent à déclencher les premiers raids aériens contre le "Guide" libyen.

Le journaliste Pascal Henry a enquêté sur les liens politiques et financiers entre la France et la Libye depuis 2003 jusqu’au déclenchement de la guerre, le 19 mars 2011. Il révèle comment Mouammar Kadhafi est passé du statut de terroriste infréquentable à celui d’interlocuteur de premier choix, avant de tomber à nouveau en disgrâce.

Quatre jours avant les premières frappes occidentales sur la Libye, la journaliste Delphine Minoui a rencontré Mouammar Kadhafi à Tripoli. Lors de cet entretien, le 15 mars 2011, Kadhafi lui affirme avoir participé au financement de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Et Kadhafi explique qu'en "tant que Libyen, si le président [Sarkozy] gagne les élections grâce à nos fonds, c'est vraiment un gain pour nous." Une entrevue traduite par l'interprète officiel du leader libyen, Moftah Missouri, qui explique que Kadhafi aurait versé une vingtaine de millions de dollars pour financer la campagne de Nicolas Sarkozy.

Delphine Minoui raconte cette entrevue à Pascal Henry dans l'émission "Pièces à conviction", diffusée mercredi 29 janvier à 23h15 sur France 3.

L'ancien président de la République Nicolas Sarkozy et l'ex-dictateur libyen Mouammar Kadhafi, le 10 décembre 2007 au palais de l'Elysée, à Paris.
L'ancien président de la République Nicolas Sarkozy et l'ex-dictateur libyen Mouammar Kadhafi, le 10 décembre 2007 au palais de l'Elysée, à Paris. (FRANCK FIFE / AFP)