Ecoutes : Paul Bismuth "choqué et étonné" que Sarkozy ait utilisé son nom comme pseudo

Le vrai Paul Bismuth, qui est une vieille connaissance de Thierry Herzog, l'avocat de l'ex-président, se réserve le droit de porter plainte pour usurpation d'identité.

Nicolas Sarkozy, alors président, le 11 décembre 2009, lors d'un sommet européen, à Bruxelles (Belgique).
Nicolas Sarkozy, alors président, le 11 décembre 2009, lors d'un sommet européen, à Bruxelles (Belgique). (GEERT VANDEN WIJNGAERT/AP/SIPA / AP)
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"J'ai craint, avec raison, des écoutes sauvages ou des écoutes illégales, et j'ai fait en sorte de pouvoir converser avec Nicolas Sarkozy sans être écouté, j'avais hélas raison de le faire." L'avocat de Nicolas Sarkozy, Thierry Herzog, a justifié ainsi le fait d'avoir ouvert une ligne au nom d'un certain Paul Bismuth pour converser avec l'ancien président, selon Le Canard enchaîné. Paul Bismuth était, en fait, le nom d'emprunt de Nicolas Sarkozy, qui avait par ailleurs conservé une ligne téléphonique à son vrai nom.

Au-delà de l'anecdote, cette révélation pourrait donner une nouvelle dimension à l'affaire. Car Paul Bismuth existe bel et bien et il menace désormais de porte plainte pour usurpation d'identité, selon l'hebdomadaire. "En effet, il aura fallu pour ouvrir cette seconde ligne que Thierry Herzog fournisse, en plus du nom de cet ancien camarade, une adresse et un numéro de carte d'identité", indique Le Figaro.fr.

Une ancienne connaissance de lycée

Me Thierry Herzog et Paul Bismuth ont fréquenté ensemble le collège-lycée Jacques Decour, dans le IXe arrondissement de Paris. De 1966 à 1973, "ils ont arpenté les bancs de cet établissement, le seul de la capitale à proposer l'enseignement du hongrois et à offrir une vue imprénable sur le Sacré-Cœur", note L'Express.fr, qui l'a contacté.

Aujourd'hui, Paul Bismuth est promoteur immobilier en Israël. "L'homme d'affaires assure ne pas avoir eu de contacts directs avec le conseil depuis le lycée", écrit L'Express.fr. Il a quand même, affirme-t-il, passé huit minutes au téléphone avec Thierry Herzog pour tenter de s'expliquer. "Je lui ai dit que j'étais choqué et étonné par cette pratique. Je n'ai pas pris de gants. Il n'a pas vraiment confirmé mais a joué sur les mots et tourné autour du pot", raconte Paul Bismuth. 

Reste à savoir comment l'avocat de Nicolas Sarkozy est parvenu à ouvrir une ligne au nom de Paul Bismuth chez SFR. A-t-il obtenu une faveur de la part de l'opérateur ? A-t-il fourni de faux papiers ? Le vrai Paul Bismuth n'a pas la réponse.