Les soupçons s'accumulent autour d'Edouard Balladur dans la tentaculaire affaire Karachi. Les enquêteurs soupçonnent un financement occulte de sa campagne présidentielle de 1995, notamment via les fonds spéciaux de Matignon, l'une des branches de cette affaire. Mais l'ancien Premier ministre nie en bloc. "Ma campagne de 1995 a été financée dans le respect des règles en vigueur", a-t-il assuré mardi 8 octobre au micro d'Europe 1, tranchant : "Je n'ai pas à en dire plus."

"Il n'y a pas de lien avec l'affaire Karachi. C'est parfaitement clair", a-t-il affirmé, avant d'ajouter : "à mes yeux". Les comptes de campagne ont d'ailleurs été validés par le Conseil constitutionnel, a rappelé l'ex-chef du gouvernement. Une décision "prise il y a 18 ans" et qui "s'impose à tous", "avec, dit la Constitution, une autorité souveraine", a-t-il souligné. Sous-entendu, y compris aux magistrats.

"Non", les fonds spéciaux de Matignon n'ont pas été utilisés, a-t-il déclaré, catégorique. "Une affirmation qui correspond à la réalité", a-t-il renchéri, alors que trois de ses collaborateurs de l'époque ont été mis en examen : le PDG de la RATP Pierre Mongin, ex-chef de cabinet d'Edouard Balladur, le dirigeant de LVMH Nicolas Bazire, ancien directeur de la campagne présidentielle, et l'ancien trésorier d'Edouard Balladur, René Galy-Dejean. Et Edouard Balladur de conclure cette interview : "N'allons pas plus loin." 

L'ex-Premier ministre Edouard Balladur arrive au Conseil constitutionnel, le 3 octobre 2013 à Paris, à l'occasion d'une cérémonie pour le 55e anniversaire de la Constitution.
L'ex-Premier ministre Edouard Balladur arrive au Conseil constitutionnel, le 3 octobre 2013 à Paris, à l'occasion d'une cérémonie pour le 55e anniversaire de la Constitution. (THOMAS SAMSON / AFP)