L'ancien ministre de la Défense François Léotard, en mars 2008 sur le plateau du "Grand Journal", sur Canal+.
L'ancien ministre de la Défense François Léotard, en mars 2008 sur le plateau du "Grand Journal", sur Canal+. (MIGUEL MEDINA / AFP)

Les familles des victimes de l'attentat de Karachi (Pakistan) l'accusent d'avoir menti devant le juge. Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour "faux témoignage" visant l'ancien ministre de la Défense François Léotard, ont indiqué, lundi 21 octobre, des sources proches du dossier.

Ouverte début août, cette enquête est consécutive à une plainte déposée fin juin par des proches de victimes françaises de l'attentat de Karachi, qui avait tué quinze personnes le 8 mai 2002, dont onze ouvriers de la Direction des constructions navales (DCN).

"Il nie l'existence de faits avérés"

"François Léotard a effectué un faux témoignage lors de son audition" par le juge antiterroriste Marc Trévidic, "le 31 janvier 2011 alors même qu'il était entendu en qualité de témoin ayant prêté serment", selon la plainte déposée au nom de proches de familles par Me Olivier Morice. L'ancien ministre de la Défense "nie l'existence de faits avérés dont il a connaissance et commet des omissions et des réticences volontaires", poursuit l'avocat.

L'attentat de Karachi est l'objet de deux enquêtes en France. Dans le volet terroriste instruit par Marc Trévidic, aucune mise en examen n'a été prononcée. Dans le volet financier, qui concerne le financement de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995, plusieurs proches de l'ex-Premier ministre ont été mis en examen, ainsi que l'ancien conseiller spécial de François Léotard, Renaud Donnedieu de Vabres.

Ministre à l'époque des faits, François Léotard ne peut être mis en examen par les juges financiers. Tout comme Edouard Balladur, il pourrait cependant faire l'objet d'une saisine de la Cour de justice de la République.