Opération déminage pour le camp Cahuzac. Alors qu'une enquête préliminaire pour "blanchiment de fraude fiscale" a été ouverte par le parquet de Paris, le ministre délégué au Budget continue de se défendre dans cette affaire de compte en Suisse présumé. 

Invité d'Europe1, son avocat français, Gilles August, s'est ainsi livré à un exercice de défense en bonne et due forme de son client. Et détaillé les pistes judiciaires étudiées pour prouver l'innocence de Jérôme Cahuzac.

1Attaque en règle contre Mediapart

L'avocat du ministre s'en est aussi pris au site d'information Mediapart, jeudi matin, et dénonce "une campagne orchestrée avec méthode", menée contre son client. "Nous avons dénombré 400 messages sur Internet de nos accusateurs. Nous avons dénombré plus de 72 interventions dans les médias, dans la presse, dans la télé, dans la radio", a ainsi assuré Gilles August.

Le site à l'origine de l'affaire est clairement pointé du doigt par l'avocat. Pour ce dernier, le site d'Edwy Plenel souhaite "accrocher un ministre de gauche à son tableau de chasse". L'avocat invite aussi les auditeurs à se reporter à l'expertise de l'enregistrement audio faite par L'Express plutôt qu'à celle de Mediapart. Le spécialiste interrogé dans l'hebdomadaire ne parvient pas, en effet, à y reconnaître la voix du ministre du Budget. 

2Rappel des nombreux soutiens de Cahuzac

"Je constate que Mediapart est seul. Je constate qu'aucun des adversaires politiques de Jérôme Cahuzac n'a repris ces accusations. Je constate que Jérôme Cahuzac est un homme intègre", poursuit Gilles August. Ainsi, Jean-Marc Ayrault et François Hollande ont ainsi réaffirmé, mardi, leur soutien à leur ministre. Et ses collègues ou adversaires politiques ont appelé au respect de la présomption d'innocence dans cette affaire.

3Négociations en cours avec la banque UBS

Enfin, le ministre délégué au Budget négocie actuellement avec la banque UBS, via son avocat suisse, pour qu'elle démontre qu'il ne détient pas de compte dans cet établissement. "Nous sommes en négociation avec eux et nous demandons du temps", a fait savoir son avocat, rappelant que son client a déjà fait une première demande, qui n'a pas abouti. 

Une méthode permettrait pourtant au ministre d'obtenir une réponse de la banque et lever le secret bancaire. Il faudrait qu'il lui pose cette question : "Est-ce que vous pouvez me confirmer que je suis bien détenteur d'un compte dans votre établissement ?". Pourquoi ne le fait-il pas ? A cette question du journaliste d'Europe1, Me Gilles August a répondu qu'il ne voyait "pas pourquoi Jérôme Cahuzac serait obligé d'affirmer un mensonge par écrit pour obtenir la preuve de son innocence. Le système marche sur la tête."