L'homme d'affaires Bernard Tapie sur le plateau de France 2, le 1er juillet 2013.
L'homme d'affaires Bernard Tapie sur le plateau de France 2, le 1er juillet 2013. (LCHAM / SIPA)

L'affaire Cahuzac déborde. L'homme d'affaires Bernard Tapie a ironisé vendredi 19 juillet dans une lettre à Pierre Moscovici sur une "prise de conscience" par le ministre de l'Economie des "travers" de Charles de Courson, président de la commission d'enquête parlementaire sur l'affaire Cahuzac, qui a lancé des accusations contre Pierre Moscovici auxquelles ce dernier a répondu dans une lettre ouverte, vendredi. 

"Je me réjouis de cette prise de conscience des travers de M. de Courson. Je regrette toutefois qu'elle soit très tardive puisque ces travers lui sont habituels", écrit Bernard Tapie, mis en examen pour "escoquerie en bande organisé" dans l'arbitrage qui lui a permis d'empocher 403 millions dans son litige avec le Crédit Lyonnais. Pierre Moscovici, ministre de tutelle du ministre délégué au Budget Jérôme Cahuzac, a été entendu longuement mardi soir par la commission chargée d'établir s'il y a eu des dysfonctionnement de l'Etat dans la gestion du dossier Cahuzac.

"Un juste retour des choses"

"Lors des travaux d'information de l'Assemblée Nationale sur le litige m'ayant opposé au Crédit Lyonnais et sur sa solution définitive, j'ai en effet été confronté à une coalition de 'procureurs' où M. de Courson se distinguait déjà par les amalgames que lui dictaient son ignorance et sa mauvaise foi mais où il était épaulé par son ex-ami et ex-député M. (François) Bayrou ainsi que par M. Didier Migaud et par M. Cahuzac", écrit Bernard Tapie. "Je regarde donc comme un juste retour des choses de votre part de dénoncer aujourd'hui des méthodes que vous avez adoptées hier".

Après l'audition du ministre de l'Economie, Charles de Courson s'est exprimé dans plusieurs médias, accusant notamment le ministre d'"incompétence". Il a aussi estimé que la réponse de la Suisse à la question de Bercy sur l'existence ou non d'un compte bancaire de Jérôme Cahuzac dans ce pays, telle qu'elle était formulée, ne pouvait "être que négative" et donc disculper le ministre du Budget de fraude fiscale.