L'interview de Bernard Tapie sur France 2, lundi 1er juillet, ne laisse pas indifférents les connaisseurs du dossier. Mardi, le député UDI Charles de Courson, l'ancien patron du Crédit lyonnais Jean Peyrelevade et le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, ont vivement réagi à la version de l'affaire Tapie donnée par le principal intéressé. 

Courson : "Qui est le chef du complot ?" 

Opposant déterminé au recours à l'arbitrage dans le conflit autour d'Adidas, le député UDI Charles de Courson a estimé que Bernard Tapie devait citer les "comploteurs" qu'il évoque. Sur Radio Classique, puis France Inter, l'élu a expliqué : "Quand on développe la thèse d'un complot, il faut expliquer qui est le chef du complot." Et d'ajouter : "C'est la nouvelle théorie de Bernard Tapie, ceci ne tient pas debout. (…) Jusqu'à preuve du contraire, les juges d'instruction sont libres et indépendants."

"Il a un vrai talent d'acteur, il ment effrontément, il a sorti des arguments extravagants concernant ses relations avec un des juges arbitres", Pierre Estoup, premier à avoir été mis en examen, souligne Charles de Courson. 

Peyrelevade : "L'histoire qu'il raconte est toujours la même"

"Je ne pense pas que les cris, la fureur, les emportements puissent tenir lieu d'argumentation, l'histoire qu'il raconte est toujours la même", a taclé l'ancien président du Crédti lyonnais Jean Peyrelevade sur France Info

"A-t-il été volé ? La réponse est non", a martelé l'ancien banquier, qui s'appuie sur l'arrêt rendu en 2006 par la Cour de cassation : "C'est un mensonge. Je n'arrête pas de le répéter et la légende est là. Au moment de la cession d'Adidas, monsieur Tapie est incapable de rembourser ses dettes."

 

Moscovici : le complot, "une thèse absurde"

Si Pierre Moscovici, invité de RMC et BFMTV, a reconnu n'avoir "pas regardé" l'interview de Bernard Tapie, il a néanmoins qualifié de "thèse absurde" la théorie du complot développée par l'homme d'affaires. Il a toutefois précisé que, "n'en déplaise à monsieur Tapie, dans ce gouvernement, nous avons une règle, c'est de respecter l'indépendance de la justice et de veiller à la protection des intérêts patrimoniaux de l'Etat".

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