Volet financier de l'affaire Karachi : la perspective d'un procès s'éloigne un peu plus

La Cour de cassation a annulé, mercredi, le renvoi en correctionnelle de six protagonistes de cette affaire, liée au financement de la campagne de Balladur en 1995.

L'homme d'affaires Ziad Takieddine, poursuivi dans le volet financier de l'affaire Karachi, pose dans son appartement parisien, le 18 octobre 2012.
L'homme d'affaires Ziad Takieddine, poursuivi dans le volet financier de l'affaire Karachi, pose dans son appartement parisien, le 18 octobre 2012. (ANTONIOL ANTOINE/SIPA)
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C'est une victoire pour les personnes mises en cause dans l'affaire Karachi. La Cour de cassation a ordonné, mercredi 10 février, un réexamen par la cour d'appel de Lyon de l'enquête sur le financement de la campagne d'Edouard Balladur en 1995, pour laquelle les juges avaient renvoyé plusieurs protagonistes en procès.

En juin 2014, les juges Renaud van Ruymbeke et Roger Le Loire avaient renvoyé en correctionnelle six personnes dans cette affaire d'abus de biens sociaux. Parmi elles, l'homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine, ainsi que Nicolas Bazire, qui était directeur de campagne d'Edouard Balladur, Renaud Donnedieu de Vabres, qui était conseiller du ministre de la Défense François Léotard, et Thierry Gaubert, alors membre du cabinet du ministre du Budget, Nicolas Sarkozy.

Les mis en cause ont "tout à perdre" en cas de procès

"Cette cassation est satisfaisante, conforme au droit et on attend de plaider la prescription du dossier" à Lyon, a réagi, mercredi, l'un des avocats de la défense, après cette annulation du renvoi en correctionnelle.

L'attentat de Karachi, au Pakistan, en 2002, avait fait 14 morts, dont 11 salariés français de la Direction des constructions navales. Une avocate de proches de victimes de  a expliqué qu'elle "regrettait tout ce temps perdu lié à des péripéties procédurales" et a dénoncé l'attitude des mis en cause, "qui ont tout à perdre à ce qu'un procès se tienne enfin".

Un volet financier à l'origine de l'attentat de 2002 ?

L'affaire Karachi porte sur des soupçons de rétrocommissions sur des contrats d'armement avec le Pakistan et l'Arabie saoudite, qui auraient servi à financer la campagne de l'ancien locataire de Matignon, Edouard Balladur, en 1995.

L'une des thèses envisagées, mais non démontrée, dans l'enquête terroriste, est que l'attentat de 2002 a été causé par l'arrêt du versement des commissions sur les ventes d'armes au Pakistan.