L'ancien ministre du Budget, Eric Woerth, le 4 mai 2011, à Paris. 
L'ancien ministre du Budget, Eric Woerth, le 4 mai 2011, à Paris.  (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Le courrier est daté du 18 février. L'ancien ministre et actuel député UMP de la 4e circonscription de l'Oise, Eric Woerth, a écrit à ses administrés pour contester une nouvelle fois les faits qui lui sont reprochés dans l'affaire Bettencourt. Objectif pour le maire de Chantilly : dire ce qu'il a "sur le coeur." 70 000 exemplaires doivent être diffusés par des militants UMP qui ont commencé la distribution jeudi, a-t-on appris vendredi 25 février.

L'ancien ministre a été mis en examen le 9 février pour trafic d'influence passif et pour "recel à raison d'une présumée remise de numéraire" qui lui aurait été faite par Patrice de Maistre, ancien homme de confiance de Liliane Bettencourt.

"Je conteste avec la plus grande fermeté les soi-disant faits qui me sont reprochés", écrit Eric Woerth, en caractères gras. "On tisse (...) des liens entre des événements qui n'ont pas de rapport entre eux et on me demande d'apporter la preuve de ce que je n'ai pas fait. C'est impossible. Essayez, vous verrez!", plaide-t-il, démentant tout lien entre l'embauche de sa femme dans une société dirigée par Patrice de Maistre et la Légion d'honneur qu'il est soupçonné de lui avoir fait obtenir.

Un financement de campagne dans un cadre "strictement légal"

Concernant le financement de la campagne présidentielle de 2007, il assure avoir travailler dans la légalité, sans jamais citer le nom du candidat d'alors, Nicolas Sarkozy. "La campagne, dont j'étais trésorier, a été financée dans un cadre strictement légal", assène-t-il. Rappelant son passé de ministre ayant livré bataille contre la fraude fiscale, M. Woerth souligne sa "conviction qu'une démocratie qui accepte les fraudes s'affaiblit de jour en jour". Dans ce courrier aux électeurs, il se présente comme "le bouc émissaire idéal".