"Anomalies" dans les comptes, chauffeurs et Bygmalion : la gestion de Patrick Balkany à Levallois-Perret épinglée

France Bleu 107.1 a pu consulter un rapport de la chambre régionale des comptes d'Ile-de-France, qui revient sur la gestion de la ville des Hauts-de-Seine.

Le député-maire de Levallois-Perret, Patrick Balkany, dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, à Paris, le 27 janvier 2016.
Le député-maire de Levallois-Perret, Patrick Balkany, dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, à Paris, le 27 janvier 2016. (YANN KORBI / CITIZENSIDE / AFP)
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Patrick Balkany n'en fait pas mystère : il a "peu de respect" pour les magistrats de la chambre régionale des comptes (CRC) d'Ile-de-France. Voilà qui ne devrait pas améliorer leurs relations : l'institution épingle la gestion du maire de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) dans un rapport, dévoilé jeudi 11 février par France Bleu 107.1.

Une "anomalie" de 117 millions d'euros dans les comptes

Entre 2007 et 2013, les comptes de la ville "ne donnaient pas une image fidèle de [sa] situation financière", à en croire la CRC. A trois reprises, la municipalité a présenté des comptes équilibrés qui étaient en réalité déficitaires : des "anomalies" et des "insuffisances" qui ont conduit les magistrats à procéder à 117 millions d'euros de "corrections".

Par ailleurs, la CRC s'inquiète de la capacité de remboursement de la ville, la plus endettée de France (8 344 euros par habitant en 2014) : les perspectives sont "incertaines", en raison d'un manque de maîtrise des charges. Par ailleurs, Levallois-Perret a également contracté des emprunts toxiques, dont la renégociation a coûté plus de 17 millions d'euros.

Un retraité toujours dans l'organigramme

Quel est le rôle de Renaud Guillot-Corail ? Parti à la retraite en 2012, l'ancien directeur du développement économique de Levallois a continué à bénéficier d'un bureau à côté de celui du maire et d'une assistante, fonctionnaire. Le budget d'une association satellite de la ville a été significativement augmenté, ce qui a permis de continuer à salarier ce conseiller de Patrick Balkany, explique France Bleu.

Des avantages conséquents pour certains personnels

Toujours selon le rapport, certains responsables de la ville bénéficient à la fois de logements de fonction et d'une prime d'astreinte réservés... aux personnels dépourvus d'un tel avantage, explique la station. Certains directeurs bénéficient également de véhicules de fonction, qui n'étaient pas déclarés, tandis que la ville emploie trois chauffeurs : un pour Patrick Balkany, un pour Isabelle, sa femme et première adjointe, et un pour les autres élus.

Les activités parallèles d'une association subventionnée

La CRC s'est également intéressé aux activités de l'association Levallois communication, "indissociables de celles menées par la direction de la communication de la commune" et financées en grande partie par des subventions municipales. Ses 18 salariés "sont complètement mélangés aux 27 fonctionnaires communaux", formant un pôle communication plutôt conséquent. Les magistrats demandent la remunicipalisation de ces activités.

Un curieux marché avec Bygmalion

Le nom de Bygmalion revient aussi dans la gestion de Levallois-Perret. Les magistrats épingle un marché "d’accompagnement et de conseil en communication" conclu début 2012 avec la société. La procédure d'appel d'offres "a cherché à favoriser l’attributaire", malgré ses prix, supérieurs à ses concurrents. Avec une facture de 218 029 euros pour "mise à disposition de consultants", Levallois-Perret a bénéficié de prestations pour le moins "incertaines"