Affaire Balkany : ce qui est reproché à Arnaud Claude, l'associé de Nicolas Sarkozy

Selon "Libération", les juges chargés de l'enquête ont établi que Me Arnaud Claude a joué un rôle actif dans le schéma d'évasion fiscale du couple Balkany. L'avocat a été mis en examen en décembre pour "blanchiment de fraude fiscale".

L'avocat Arnaud Claude, lors d'une conférence de presse à Paris, le 2 janvier 2006.
L'avocat Arnaud Claude, lors d'une conférence de presse à Paris, le 2 janvier 2006. (BERTRAND GUAY / AFP)
avatar
France Télévisions

Mis à jour le
publié le

L'associé historique de Nicolas Sarkozy, Arnaud Claude, aurait bien joué un rôle actif dans l'affaire de l'évasion fiscale présumée du couple Balkany, affirme Libération, mercredi 20 mai.

Selon le quotidien, les juges chargés de l'enquête ont notamment découvert l'existence d'un virement de 200 000 dollars, envoyé en 2010 depuis une société suisse vers un compte à Singapour. Le bordereau de virement porte, à la main, la mention "Partie des honoraires de Me Claude". Explications.

Qui est Arnaud Claude ?

Arnaud Claude, 61 ans, est un "ami de jeunesse neuilléenne" de Nicolas Sarkozy, raconte Libération. Avocat, il travaille depuis 1987 avec l'ancien président de la République au sein du cabinet Claude & Sarkozy, qui comptait il y a un an 9 140 clients, pour un chiffre d'affaires de cinq millions d'euros, dont 550 000 euros de bénéfices.

Ce cabinet spécialisé dans les "affaires d'aménagement et d'expropriations immobilières", dont Nicolas Sarkozy s'est mis en retrait en raison de ses responsabilités exécutives entre 2002 et 2012, compte d'importants clients dans les Hauts-de-Seine et au-delà, rapporte Libération. Il s'est ainsi chargé de la société d'économie mixte de la mairie de Levallois, dont Patrick Balkany est maire, mais également du groupe Barrière spécialisé dans les hôtels et casinos, ou encore de Bouygues et de Dassault.

Que lui est-il reproché ?

D'avoir joué un rôle essentiel dans le schéma de fraude à l'administration fiscale que les époux Balkany sont soupçonnés d'avoir mis en place, et pour lequel ils ont été mis en examen pour "blanchiment de fraude fiscale" à l'automne 2014. Des faits pour lesquels Arnaud Claude a également été mis en examen en décembre de la même année.

L'avocat est en fait soupçonné d'avoir aidé le bras droit des Balkany à Levallois-Perret, Jean-Pierre Aubry, à acquérir une villa à Marrakech (Maroc), et dont les époux seraient les véritables bénéficiaires. Selon Libération, les juges détiennent la preuve que Claude était présent lors d'un rendez-vous entre Aubry et une société fiduciaire suisse, Gestrust, au cours duquel il aurait été décidé de créer deux sociétés panaméennes.

L'une aurait servi à "recevoir et ventiler" cinq millions d'euros perçus par Patrick Balkany, notamment en tant qu'intermédiaire dans le cadre d'un projet de rachat d'une mine d'uranium en Namibie en 2008. L'objectif de la deuxième étant d'acquérir la fameuse villa marocaine.

Arnaud Claude aurait plus tard donné instruction à Gestrust de virer 200 000 dollars sur un compte ouvert à Singapour au nom de "Repkow" et qui correspondraient, selon une responsable de la société, aux "honoraires" de l'avocat.

Comment se défend-il ?

L'intéressé a jusqu'ici démenti être intervenu dans ce montage financier, qui aurait permis de dissimuler plusieurs millions d'euros au fisc français. Arnaud Claude affirme ainsi que les 200 000 dollars versés à Singapour étaient en fait destinés à son "neveu", "un spécialiste bancaire des marchés asiatiques", sollicité pour "des études sur le fonctionnement des placements" souhaitées par Jean-Pierre Aubry, mais dont l'avocat affirme ignorer la nature.

Il a par ailleurs minoré son rôle dans les relations entre la société suisse et le bras droit des Balkany. "Je passais à Genève pour d'autres motifs professionnels et je profitais parfois de ces occasions pour passer chez Gestrust pour savoir si tout allait bien dans le cadre des rapports entre M. Angst et M. Aubry", a-t-il expliqué, cité par Libération. L'avocat d'Arnaud Claude n'a pas répondu aux sollicitations du journal.