DOCUMENT FRANCE 2. Affaire Bygmalion : l'organisateur des meetings de Sarkozy raconte comment l'UMP a mis en place un système de double facturation

Franck Attal était le directeur de la filiale événementielle de la société de communication Bygmalion.

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TRISTAN WALECKX / MATHIEU RENIER - FRANCE 2
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C'est l'un des acteurs clés de l'affaire Bygmalion. Franck Attal était le directeur de la filiale événementielle de Bygmalion. Autrement dit, il était l'organisateur des meetings de Nicolas Sarkozy lors de la campagne présidentielle de 2012. Dans une interview diffusée sur France 2 jeudi 8 septembre, l'homme, qui est mis en examen et dont le parquet a requis le renvoi en correctionnelle, décrit comment s'est mis en place un système de double facturation à l'UMP.

Comme il l'a déjà dit aux juges d'instruction, Franck Attal raconte que c'est Jérôme Lavrilleux, à l'UMP, qui lui a annoncé la nécessité de passer par un tel système pendant la campagne, quand les responsables du parti ont compris que les plafonds de dépenses autorisés allaient être largement dépassés.

"Je suis prêt à m'expliquer"

"Vous allez nous déplacer la facturation", lui aurait demandé Jérôme Lavrilleux, affirme Franck Attal à France 2. "Vous nous livrez des meetings dans les formats habituels et il y aura une partie de la facturation liée au meeting que vous allez facturer à l'UMP. Et du coup ça nous permettra de tenir la ligne des comptes de campagne."

"La vérité, c'est pas une vérité qui m'innocente. C'est juste une vérité qui limite ma culpabilité au fait que oui, j'ai continué à livrer des meetings en étant au courant qu'au niveau des facturations les choses ne se faisaient pas de manière académique, explique Franck Attal. Et il aurait été noble que des gens qui prétendent aux plus hautes fonctions de l'Etat aient au moins le même comportement que le mienCes gens-là, moi je suis prêt à les rencontrer et à parler avec eux sur un plateau télé. (...) Je suis prêt à m'expliquer avec Nicolas Sarkozy sur un plateau télé, et que l'on défende, argument contre argument, les faits qui sont relatifs à mon action à moi dans cette affaire."

Une version contestée par Sarkozy

Cette version est confortée par deux de ses associés, mais contestée par Jérôme Lavrilleux, à qui plusieurs acteurs du dossier prêtent un rôle clé. Nicolas Sarkozy conteste également cette version. Sollicité par France 2, il n'a pas répondu à ces accusations.  Lundi, le parquet de Paris a demandé le renvoi devant le tribunal correctionnel de Nicolas Sarkozy et de treize autres personnes dans le cadre de l'affaire Bygmalion.

L'intégralité de cette enquête sera diffusée dans le premier numéro d'"Envoyé spécial", le 29 septembre.

L\'un des responsables de Bygmalion, Franck Attal, à Paris, le 9 octobre 2015.
L'un des responsables de Bygmalion, Franck Attal, à Paris, le 9 octobre 2015. (FLORIAN DAVID / AFP)