Bygmalion : la police s'intéresse au rôle joué par Nicolas Sarkozy

L'enquête sur les fausses factures de Bygmalion confirme "la mise en place d'un système occulte destiné à couvrir les dépenses pharaoniques de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, en 2012", selon la police.

Nicolas Sarkozy au Parc des Princes, le 21 septembre 2014.
Nicolas Sarkozy au Parc des Princes, le 21 septembre 2014. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)
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L'affaire Bygmalion prend corps et les regards se portent désormais vers Nicolas Sarkozy. Les résultats de l'enquête préliminaire de la police, consultés et révélés par Le Monde (lien abonnés), mardi 23 septembre, confirment "la mise en place d’un système de fausse facturation destiné à couvrir les dépenses pharaoniques de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012", indique le quotidien.

Dans sa synthèse, rédigée à la fin juin, la patronne de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales, Christine Dufau, chiffre à "18 556 175,95 euros" les fausses factures adressées par Bygmalion à l'UMP"à la demande de l'UMP", en 2012.

Des responsables "inextricablement liés" dans cette affaire

"Les participants à ces faits, les responsables de Event et Cie [filiale de Bygmalion], de l'UMP et de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, semblent inextricablement liés les uns aux autres dans la décision d'établir ces fausses factures", afin d'éviter un dépassement des comptes de campagne, précise la synthèse.

Il reste aux enquêteurs à déterminer l'éventuelle connaissance qu'avait Nicolas Sarkozy de ces montages financiers. Le Monde fait état d'une note de l'expert-comptable Pierre Godet, signataire du compte de campagne, adressée à l'ancien chef d'Etat et soulignant "les conséquences extrêmement graves d'un éventuel dépassement du plafond des dépenses électorales".

Sarkozy alerté par une note ?

Sur France 2, dimanche soir, Nicolas Sarkozy, désormais candidat à la présidence de l'UMP, a affirmé n'avoir appris le nom de Bygmalion que "longtemps après la campagne présidentielle".

"Des investigations complémentaires doivent être menées", écrit Christine Dufau dans sa synthèse. L'enquête se poursuit dans le cadre d'une information judiciaire, ouverte en juin, pour "faux, usage de faux, abus de confiance et tentative d'escroquerie".