Affaire Bygmalion : le texto de Lavrilleux qui mouille Copé et Sarkozy

Selon un SMS de l'ancien directeur adjoint de la campagne présidentielle de 2012, Jean-François Copé avait alerté Nicolas Sarkozy du dérapage des dépenses liées à la campagne présidentielle.

L'ancien président de l'UMP, Jean-François Copé (G), son ex-directeur de cabinet, Jérôme Lavrilleux (C), et l'ancien chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy, à la sortie du siège de l'UMP, le 8 juillet 2013, à Paris.
L'ancien président de l'UMP, Jean-François Copé (G), son ex-directeur de cabinet, Jérôme Lavrilleux (C), et l'ancien chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy, à la sortie du siège de l'UMP, le 8 juillet 2013, à Paris. (MARTIN BUREAU / AFP)

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Ce sont quelques caractères qui pourraient considérablement gêner Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé dans le scandale Bygmalion. Dans une lettre adressée au parquet, et révélée par Le Figaro (pour abonnés) mardi 17 juin, le directeur de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012, Guillaume Lambert, livre le contenu d'un texto embarrassant : celui-ci indique en effet explicitement que le patron de l'UMP a alerté le président de la République d'alors du dérapage des dépenses liées à sa campagne présidentielle.

Ce SMS aurait été envoyé à Guillaume Lambert par Jérôme Lavrilleux, alors directeur adjoint de la campagne et bras droit de Jean-François Copé, le 28 avril 2012, à 12h19. Le soir-même, Nicolas Sarkozy doit tenir un meeting à Clermont-Ferrand. "Jean-François ne vient pas à Clermont, il y est allé la semaine dernière. Louer et équiper la deuxième halle est une question de coût. Nous n'avons plus d'argent. JFC [Jean-François Copé] en a parlé au PR [président de la République]." Finalement, le coût de ce meeting déclaré à la commission des comptes de campagne sera de 154 706 euros, pour un prix réel de 623 293 euros, selon le site Mediapart.

Un dépassement du plafond de 17 millions d'euros ?

Ce texto ne permet pas de savoir si Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé ont ensuite été mis au courant de la mise en place d'un système présumé frauduleux pour maquiller les dépassements des frais de la campagne. En revanche, il prouve que les deux personnes indiquées dans le SMS étaient au moins au courant de l'envolée des dépenses liées à l'organisation des meetings, des déplacements, etc.

Selon plusieurs médias, dont Mediapart, la dernière campagne de Nicolas Sarkozy a coûté au total 39 millions d'euros, soit 17 millions de plus que le plafond légal, fixé à 22,5 millions d'euros. Pour tenter de cacher ce dépassement illégal, l'UMP aurait pris à sa charge une partie des dépenses, tandis que les montants des meetings déclarés par le candidat Sarkozy à la commission des comptes de campagne auraient été largement minorés.