Affaire Bygmalion : qui est mis en examen ?

Alors que Nicolas Sarkozy a été été mis en examen mardi pour financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012, dans l'affaire Bygmalion, francetv info revient sur ce dossier à rebondissements.

Nicolas Sarkozy lors du meeting de Villepinte (Seine-Saint-Denis), le 11 mars 2012. 
Nicolas Sarkozy lors du meeting de Villepinte (Seine-Saint-Denis), le 11 mars 2012.  (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

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Nouvelle étape dans l'affaire Bygmalion. Après une audition libre par les policiers de l'office anticorruption en septembre 2015, Nicolas Sarkozy a été mis en examen mardi 16 février, après avoir passé 11 heures face à un juge d'instruction parisien où il était entendu dans l'enquête sur le financement de la campagne présidentielle de 2012.

Les juges soupçonnent un système de fausses factures mis en place entre cette agence de communication et l'UMP (devenue depuis Les Républicains) pour dissimuler un dépassement du plafond légal des dépenses de campagne. But de la fraude : la prise en charge par l'UMP d'environ 18,5 millions d'euros de dépenses de campagne pour éviter qu'elles ne dépassent le plafond autorisé et ne soient rejetées par le Conseil constitutionnel... ce qui avait quand même été le cas.

Cette mise en examen de l'ancien président de la République intervient une semaine après celle de Jean-François Copé, qui est ressorti du bureau des juges sans être mis en examen, lui permettant ainsi de se déclarer candidat à la primaire à droite de novembre 2016. 

Qui sont les personnes mises en examen dans cette affaire ? Quelles ont été les principales personnalités entendues ? Petit retour sur une affaire qui continue de secouer le principal parti de droite.

Nicolas Sarkozy : mis en examen et témoin assisté

Convoqué "devant le magistrat instructeur premier saisi du dossier" (Serge Tournaire), l'ancien chef de l'Etat a été mis en examen pour "financement illégal de campagne électorale" pour avoir, "en qualité de candidat, dépassé le plafond légal de dépenses électorales", indique le procureur de Paris. 

Nicolas Sarkozy "a par ailleurs été placé sous le statut de témoin assisté des chefs d'usage de faux, escroquerie et abus de confiance", précise le parquet.

A Bygmalion : quatre responsables mis en examen

Les premiers à avoir été mis en examen, le 1er octobre 2014, ont été les deux cofondateurs et anciens dirigeants de l'agence de communication Bygmalion, Bastien Millot et Guy Alvès, pour complicité de faux et usage de faux. Franck Attal, l'ex-patron de la filiale événementielle de la société, Event & Cie, a lui été mis en examen pour faux et usage de faux. Le 21 octobre 2014, c'était au tour de Sébastien Borivent, directeur général adjoint de Bygmalion, d'être mis en examen pour complicité de faux et usage de faux .

Tous sont soupçonnés d'avoir participé à un système de fausses factures dans le cadre de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012. Event & Cie, filiale de Bygmalion, l'agence présidée par Bastien Millot, un proche de Jean-François Copé, a organisé 42 des meetings de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Or une partie de l'addition a été semble-t-il payée par l'UMP. Devant le juge, Guy Alvès "a confirmé que l'UMP prenait en charge de façon irrégulière des frais de campagne de Nicolas Sarkozy"

A l'UMP : trois cadres mis en examen 

Après les dirigeants de la société Bygmalion, les enquêteurs ont interrogé ceux de l'UMP. Trois anciens cadres du parti ont été mis en examen pour faux et usage de faux et abus de confiance, le 4 octobre 2014.

Il s'agit d'Eric Cesari, ancien directeur général adjoint de l'UMP, surnommé "l'œil de Sarko", de Fabienne Liadze, ex-directrice financière du parti, et de Pierre Chassat, ancien directeur de la communication. Tous trois ont été placés sous contrôle judiciaire. Ils ont interdiction de rencontrer ou de contacter Jean-François Copé ou Nicolas Sarkozy. 

Parmi les responsables de la campagne : quatre personnes mises en examen

Six mois plus tard, l'enquête est encore montée d'un cran quand trois anciens responsables de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012 ont été mis en examen, le 3 avril 2015, après une garde à vue. Le député UMP Philippe Briand, qui était le trésorier de la campagne, l'avocat Philippe Blanchetier, conseiller juridique, et le préfet Guillaume Lambert, ex-directeur de la campagne présidentielle, sont poursuivis pour usage de faux, escroquerie, recel d'abus de confiance et complicité de financement illégal de campagne électorale.

Ces trois hommes ont été également mis en examen en janvier 2016 pour de nouvelles dépenses suspectes, au-delà des fausses factures de Bygmalion. Transports en train vers des meetings, tracts et T-shirts, aménagement du QG de campagne, sondages et location de salles : les juges ont trouvé trace de nombreuses dépenses réglées par l'UMP (devenue LR) et dont ils soupçonnent qu'elles n'ont pas intégré le compte de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.

Personnage central de cette affaire Bygmalion, l'ex-directeur adjoint de la campagne de 2012, Jérôme Lavrilleux, a été mis en examen lui aussi, lundi 15 juin 2015, pour usage de faux, recel d'abus de confiance, complicité d'escroquerie et complicité de financement illégal de campagne électorale. Jérôme Lavrilleux, qui a quitté l'UMP avant son exclusion, est le seul responsable du parti à avoir reconnu l'existence de la fraude, à l'instar de trois des dirigeants de Bygmalion mis en examen. Député européen, il a vu son immunité parlementaire levée, le 19 mai 2015.

Parmi les experts-comptables de la campagne : deux personnes mises en examen

Les experts-comptables Pierre Godet et Marc Leblanc ont été mis en examen, jeudi 2 et vendredi 3 juillet 2015, pour leur rôle dans la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012. Ils sont poursuivis pour usage de faux, recel d'abus de confiance, escroquerie et complicité de financement illégal de campagne électorale.

Ils avaient tous deux donné l'alerte sur le coût de la campagne du candidat de l'UMP, mais en avaient validé les comptes. Par exemple, dans une note datée du 7 mars 2012, Pierre Godet prévenait que le montant des dépenses "budgétées" atteignait environ 23,1 millions d'euros, soit davantage que le plafond légal.