Affaire Bygmalion : 17 millions d'euros de frais de campagne de Sarkozy dissimulés, selon Mediapart

Le site publie la comptabilité interne de la société Bygmalion, chargée d'organiser des meetings de campagne pour le candidat de l'UMP en 2012.

Le meeting de campagne du candidat Nicolas Sarkozy au Trocadéro, à Paris, le 1er mai 2012.
Le meeting de campagne du candidat Nicolas Sarkozy au Trocadéro, à Paris, le 1er mai 2012. (ERIC FEFERBERG / AFP)

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Près de 17 millions d'euros de frais de campagne de Nicolas Sarkozy pour la présidentielle de 2012 ont été dissimulés aux autorités de contrôle, affirme Mediapart (article payant). Le site a eu accès à l'intégralité de la comptabilité de la société Event & Cie, filiale de Bygmalion, qui a organisé les quarante-quatre meetings de la campagne du candidat de l'UMP.

Or, elle montre qu'une double facturation existe, révèle le site internet, avec d'une part les factures officielles présentées à la commission des comptes de campagne, et d'autre part les prix réels meeting par meeting, "souvent trois ou quatre fois plus élevés, parfois jusqu'à sept fois".

Une campagne "démentielle"

Ainsi, le 2 avril, à Nancy, le coût du meeting est officiellement de 95 674 euros. Il a en réalité coûté 531 200 euros, selon ce document. Mediapart explique encore que, pour le rassemblement du 1er mai, au Trocadéro, à Paris, seules les équipes d'Agence publics, une agence concurrente, apparaissent dans les comptes de campagne. Or, d'après les fichiers consultés par le site d'informations, "Bygmalion était aussi dans le coup pour 576 000 euros, si l'on en croit ses propres chiffres".

Entre frais réels et frais déclarés, il existerait donc un différentiel de près de 17 millions d'euros, un montant supérieur aux 11 millions d'euros évoqués par l'avocat de Bygmalion, Patrick Maisonneuve. 

Interrogé par Mediapart, Jérôme Lavrilleux, ancien directeur adjoint de la campagne,  évoque à nouveau l'emballement de la campagne : "C'était démentiel, chaque meeting était un véritable plateau télé. Tout se décidait au jour le jour." L'enquête va devoir maintenant déterminer les responsabilités des uns et des autres dans le maquillage présumé de ces comptes de campagne.