A Hénin-Beaumont, Steve Briois accusé d'espionner les employés de sa mairie

L'élu Front national dément les accusations de "La Voix du Nord".

 Steve Briois, le maire FN d'Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), quitte le siège du Front national à Nanterre (Hauts-de-Seine) le 7 décembre 2015.
 Steve Briois, le maire FN d'Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), quitte le siège du Front national à Nanterre (Hauts-de-Seine) le 7 décembre 2015. (THOMAS SAMSON / AFP)

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Vidéosurveillance ou vidéoprotection ? A Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), la polémique fait rage. Selon La Voix du Nord, qui cite une source anonyme à la CGT, huit caméras ont été installées depuis mi-janvier dans la mairie dirigée par le maire FN Steve Briois. Ces appareils équipés d'un zoom et d'un micro permettraient de lire ce qui s'affiche sur les écrans des ordinateurs des salariés, et même sur ceux de leurs téléphones portables.

Une autre caméra, fixée à l'arrière du bâtiment, servirait à surveiller les pauses cigarettes des employés. Le dispositif serait piloté par le directeur de cabinet du maire et par le directeur général des services, et ne disposerait d'aucune autorisation préfectorale, accuse l'informateur du quotidien local.

"Sécuriser les agents municipaux"

L'édile frontiste a rédigé un "droit de réponse" publié sur sa page Facebook et distribué sur le marché de sa ville. Il ne dément pas l'installation de caméras, mais il assure qu'elles ne sont pas encore branchées et qu'elles n'ont ni zoom ni micro. Il affirme surtout avoir décidé de "ce dispositif pour sécuriser les agents municipaux" face à la menace terroriste "et certainement pas pour les surveiller"

Interrogé par Libération, un salarié municipal assure que "des gars de l’informatique [lui] ont dit : 'Avec les caméras, on va pouvoir lire tes textos'". Le délégué CGT à la mairie confirme pour sa part l'installation d'"au moins deux" caméras. "Pourquoi des caméras à l’intérieur de la mairie si ce n’est pour surveiller les agents ?", argue le syndicaliste dans Libé. "La mairie d’Hénin-Beaumont, ce n’est pas le Bataclan !"