A un mois des élections législatives, FTVi passe en revue les ministres et secrétaires d'Etat qui ont prévu de se présenter. Résultat : les trois quarts d'entre eux seront candidats.

Les poids lourds du gouvernement rempilent

Depuis son entrée à l'Assemblée en 1981, François Fillon a toujours été réélu dans la quatrième circonscription de la Sarthe. Mais son ambition (les municipales à Paris en 2014, avant l'Elysée en 2017 ?) l'emmène aujourd'hui vers la capitale. Le Premier ministre a été investi dans la deuxième circonscription de Paris, en dépit de la colère de Rachida Dati, qui lorgnait depuis longtemps cette circonscription.

Investi de force par l'UMP à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) face à la candidature dissidente de Thierry Solère, le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, se présentera pour la toute première fois à une élection. En 2007, le député-maire UMP de Boulogne, Pierre-Christophe Baguet, y avait été élu dès le premier tour, avec 59,32% des voix.

Entré à l'Assemblée nationale pour la première fois en 1993, le ministre de l'Economie et maire de Troyes, François Baroin, briguera un nouveau mandat dans la troisième circonscription de l'Aube. 

Elu avec 56,96% des voix en 2002 face à une députée socialiste sortante et réélu dès le premier tour en 2007, le ministre du Travail, Xavier Bertrand, sera à nouveau candidat à Saint-Quentin (Aisne), ville dont il est devenu maire en 2010. Sa réélection devrait être une formalité.

Nathalie Kosciusko-Morizet remet le couvert à Longjumeau (Essonne). La porte-parole de Nicolas Sarkozy pendant la campagne sera candidate dans la quatrième circonscription de son département. Elle affrontera notamment le maire PS de Marcoussis, Olivier Thomas, qu'elle avait battu en 2007 avec 56,09% des voix. 

Chargé de piloter le projet de l'UMP pour la présidentielle, le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, sera lui aussi candidat à Evreux (Eure), dans la circonscription où il avait été élu en 2007 avant de céder son siège à son suppléant lors de son entrée au gouvernement. 

Elue en 2002 avec 65,11% des voix au second tour et en 2007 avec 54,80% dès le premier tour, la porte-parole du gouvernement et ministre du Budget, Valérie Pécresse, rempile à Versailles (Yvelines). 

Même schéma pour le ministre de l'Education et maire de Chaumont, Luc Chatel, élu en 2002 et réélu en 2007 dans la première circonscription de la Haute-Marne, et qui a demandé l'investiture de l'UMP pour un troisième mandat.

• D'autres ministres et secrétaires d'Etat candidats

Laurent Wauquiez, Nadine Morano et David Douillet. (AFP / FTVi)

Ministre chargée de l'Apprentissage, Nadine Morano, élue en 2002 et 2007 dans la cinquième circonscription de Meurthe-et-Moselle, briguera un troisième mandat en juin. 

Entré à l'Assemblée en 2009 après avoir remporté une législative partielle à Poissy (Yvelines) avec 52% des voix, l'ancien judoka et ministre des Sports, David Douillet, rempile lui aussi pour un nouveau mandat.

Laurent Wauquiez se représentera dans la première circonscription de Haute-Loire. Le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche y avait été élu lors d'une élection partielle en 2004 avec 62,38% des voix au second tour, et réélu dès le premier tour en 2007 avec 58,13%.

Ministre en charge des Relations avec le Parlement et maire de Rueil-Malmaison, Patrick Ollier briguera selon toute vraisemblance un nouveau mandat dans la septième circonscription des Hauts-de-Seine, où il est élu depuis 1988. 

Elu dans la quatrième circonscription de Côte-d'Or en 1993, 1997, 2002 et 2007, le ministre de la Fonction publique, François Sauvadet, devrait être candidat pour un cinquième mandat consécutif.

Battu aux sénatoriales en septembre 2011, le ministre de la Ville, Maurice Leroy, sera candidat sous l'étiquette Nouveau Centre dans la troisième circonscription du Loir-et-Cher, où il a déjà été élu en 1997, 2002 et 2007.

Ministre des Affaires européennes depuis juin 2011, Jean Leonetti brigue un quatrième mandat de député à Antibes (Alpes-Maritimes). Il y avait été élu dès le premier tour en 2007 avec 63,99% des voix.

Le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Pierre Lellouche, est candidat à un nouveau mandat dans la première circonscription de Paris, où il est élu depuis 1993. 

Elu député pour la première fois en 2007, le secrétaire d'Etat au Logement et adjoint au maire de Châlons, Benoist Apparu, est à nouveau candidat dans la quatrième circonscription de la Marne. 

La secrétaire d'Etat en charge de la Famille, Claude Greff, brigue pour sa part un troisième mandat consécutif à Tours, dans la deuxième circonscription d'Indre-et-Loire.

Marc Laffineur rempile lui aussi dans sa circonscription. Elu dans la septième du Maine-et-Loire depuis 1988, le secrétaire d'Etat aux Anciens combattants brigue un sixième mandat consécutif.

Le secrétaire d'Etat en charge des Français de l'étranger, Edouard Courtial, est candidat dans la circonscription de Clermont (Oise), où il a été élu en 2002 et réélu en 2007. Il devrait cette fois croiser le fer avec le président socialiste du conseil régional de Picardie, Claude Gewerc. 

Secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, Marie-Luce Penchard sera quant à elle candidate en Guadeloupe, dans la quatrième circonscription. Elle devrait notamment y défier Victorin Lurel, président PS de la Guadeloupe. 

• Trois candidats à l'étranger

Elu dans le Vaucluse depuis 1993, le ministre chargé des Transports, Thierry Mariani, sera candidat dans la onzième circonscription des Français de l'étranger, qui s'étend de la Russie à l'Océanie. 

Secrétaire d'Etat en charge de la Consommation et du Tourisme, Frédéric Lefebvre sera candidat dans la circonscription englobant les Etats-Unis et le Canada, où Christine Lagarde devait s'implanter avant d'être nommée à la tête du FMI.

Quant à la secrétaire d'Etat à la Cohésion sociale, Marie-Anne Montchamp, elle sera candidate dans la circonscription du Benelux. Elle pourrait y affronter l'ancien porte-parole de l'UMP, Dominique Paillé, bien décidé à se présenter au premier tour sous l'étiquette du Parti radical. 

• Ceux qui ne seront pas candidats

Eric Besson, Gérard Longuet, Jeannette Bougrab et Frédéric Mitterrand. (AFP / FTVi) 

Après avoir annoncé sa candidature au Figaro jeudi 8 mars, Alain Juppé a finalement renoncé à se présenter dans sa ville de Bordeaux. Il a justifié son choix en expliquant que les Français "comprennent de moins en moins les cumuls de mandats". Mais sa décision peut se lire autrement : dans la deuxième circonscription, où il aurait été opposé à la députée sortante socialiste Michèle Delaunay (qui l'avait battu en 2007), François Hollande a obtenu 59% des suffrages.

Elue députée à Angers (Maine-et-Loire) pour la première fois en 1988, et toujours réélue depuis, la ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale, Roselyne Bachelot, ne se présentera pas une sixième fois consécutive devant les électeurs de la première circonscription. "Je veux continuer ma vie politique autrement", a expliqué la ministre au Figaro Magazine en janvier.

Nora Berra, qui comptait être candidate pour la première fois aux législatives, renonce également. La secrétaire d'Etat à la Santé voulait briguer la quatrième circonscription du Rhône, mais l'UMP souhaitait la présenter dans la troisième circonscription, historiquement à droite mais tombée dans l'escarcelle du PS en 2007. Ce que Nora Berra a refusé. Elle pourrait finalement retrouver son fauteuil de députée européenne après la passation de pouvoirs. 

Le ministre de l'Industrie, Eric Besson, ne sera pas candidat aux législatives. Il a indiqué vouloir préparer les municipales de 2014 à Donzère (Drôme), une commune de 5 000 habitants dont il est maire depuis 1995. 

Les ministres de la Défense, Gérard Longuet, de la Justice, Michel Mercier, et de la Coopération, Henri de Raincourt, retrouveront pour leur part leur fauteuil de sénateur. Le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, celui des Collectivités territoriales, Philippe Richert, et la secrétaire d'Etat à la Jeunesse, Jeannette Bougrab, ne seront pas non plus candidats.