Selon la loi du Qatar, tout étranger, investisseur ou salarié, dépend d'un "sponsor" local qui lui délivre un visa de sortie. Dans le cas de ces quatre Français, leurs sponsors se livrent à un chantage : soit ils renoncent à leur argent, soit ils ne peuvent pas quitter le pays. 

Lundi 26 août, leurs femmes ont tenu une conférence de presse à Lille (Nord). Johanna est particulièrement émue : son mari, le footballeur Zahir Belounis, est au Qatar depuis deux ans. Jean-Pierre Marongiu, un autre de ces quatre otages, a tenté de s'enfuir en kayak... mais l'ambassade de France au Bahreïn ne l'a pas aidé : il a été renvoyé au Qatar. Sa femme Isabelle ne comprend pas : "Face aux investissements du Qatar, [un Français] ne pèse rien du tout."

Une situation que connaît bien l'ex-footballeur de Ligue 1 Abdeslam Ouaddou - il a été bloqué au Qatar pendant un mois, puis libéré grâce à sa notoriété : "Vous appartenez à un Qatari, ou à une entreprise qatarie. (...) C'est de l'exclavage moderne."

Franck Berton, l'avocat des quatre Français, va déposer plainte en France "pour escroquerie et abus de confiance". Il demande aux autorités françaises "de se remuer, de prendre la défense des Français au Qatar, et pas simplement du Qatar en France".

Vue aérienne du quartier des affaires de Doha, la capitale du Qatar, le 21 mars 2013.
Vue aérienne du quartier des affaires de Doha, la capitale du Qatar, le 21 mars 2013. (FADI AL-ASSAAD / REUTERS)