Venezuela : "des prix en flèche" et "un mécontentement énorme"

L'opposition appelle à manifester ce mercredi pour écarter le président Maduro qui a institué "l'état d'exception" dans un pays rongé par une inflation record.

(Le 14 mai dernier à Caracas, des manifestants contre le président du Venezuela et le mot "faim" sur une pancarte © MaxPPP)
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Au Venezuela, le président Nicolas Maduro a décrété "l'état d'exception et d'urgence économique" dans le pays. Les chiffres sont alarmants : le PIB a reculé de 5,7% en 2015 et l'inflation a atteint un record :180,9% l'an dernier. Le quotidien des habitants passe inexorablement par des files d'attente immenses devant les magasins et des pénuries de produits de première nécessité.

A Caracas, dans le quartier commerçant de Chacao, la file d'attente est immense devant ce magasin. Mais il n’y a pas de courses possibles pour Alejandra ce mardi. Son numéro de carte d'identité ne lui permet d'acheter... que le mercredi. "Je suis obligée d'adapter mes heures de travail avec mon autre activité qui est de chercher de quoi manger : ce qui fait que le mercredi, je ne peux pratiquement pas travailler" explique Alejandra. Elle ajoute à ses préoccupations une activité de "troc" avec des amis pour "échanger du shampoing contre du dentifrice par exemple" . "L'urgence économique n'a rien amélioré" poursuit-elle "ça n'a fait que faire monter les prix en flèche" . "Je me sens frustrée et indignée" conclut-elle.

Une "explosion sociale" redoutée 

La colère de cette habitante de Caracas est partagée par Simon, serveur dans le centre-ville. Ancien électeur d'Hugo Chavez à deux reprises, il s'est depuis tourné vers l'opposition, comme le 6 décembre dernier lors des législatives. Aujourd’hui, il redoute une "explosion sociale" . Son quotidien est rude : "Je n'arrive pas à trouver du riz, de la farine ou du poulet pour mes enfants".  "Il y a un mécontentement énorme. C'est comme une bombe à retardement : on ne sait pas combien de temps nous allons encore supporter cette situation. Pourvu qu'il ne se passe rien de grave que l'on regretterait ensuite" . Simon ajoute toutefois : "Il y a un certain nombre de personnes qui croient encore à la Constitution" . Ce qu’il espère ? "Un référendum révocatoire pour que nous sortions de cette incertitude et que nous décidions si nous voulons encore ou pas du Président"

A Caracas, dans le quartier de Chacao, le reportage de Julien Gonzales pour France Info

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L'opposition appelle à un nouveau rassemblement ce mercredi. Mais, malgré ce contexte pour le moins tendu, les manifestations la semaine dernière n'avaient pas mobilisé les foules. Ce nouvel appel à manifester intervient au lendemain d'un vote des députés contre le décret imposant l'état d'exception. A l'Assemblée nationale, l'opposition est majoritaire depuis les législatives de décembre 2015.

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