Quatre ans de pontificat et des frondeurs pour le Pape François

Il y a quatre ans tout juste, le 13 mars 2013, le Pape François était élu. Une date anniversaire pour ce Pape qui sait se rendre populaire mais qui est aussi très contesté au sein de l’Eglise.

Le Pape François à Rome le 12 mars 2017
Le Pape François à Rome le 12 mars 2017 (ALBERTO PIZZOLI / AFP)
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Mathilde ImbertyfranceinfoRadio France

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Le 13 mars 2013, Jorge Mario Bergoglio est devenu le Pape François. Quatre ans de pontificat jour pour jour sans faire le consensus. Certains dans l'Eglise s'opposent à ses positions doctrinales. Mais c'est aussi sur la méthode que le Pape François fait des mécontents. Ainsi, ces dernières semaines, des affiches très virulentes ont été collées dans les rues de Rome. Le Pape François veut laisser toutes les voix s’exprimer mais commence à en faire les frais.

Confusion et grogne

L’épisode récent des affiches anti-Pape – rapidement enlevées - en dit long sur le climat qui règne à Rome. Il y a  beaucoup de confusion et de grogne, constate Romilda Ferrauto.  "Il y a une opposition qui s'affiche et qu'on a l'habitude de définir comme conservatrice, des personnes qui ne sont pas d'accord sur des points de doctrine", souligne la journaliste et rédactrice en chef de Radio Vatican. "Mais il y a aussi une opposition plus sournoise qui n'aime pas le style du Pape François, sa manière de gouverner" ajoute-t-elle, avant de conclure : "Cette opposition, elle est beaucoup plus dangeureuse à la limite, parce qu'elle est un peu partout." Romilda Ferrauto, observatrice de l'évolution du Vatican depuis 25 ans, constate aussi que les réformes voulues par le Pape François ont du mal à passer.

Il y a des prêtres qui se sentent un petit peu désorientés par ce pontificat et qui râlent.

Romilda Ferrauto, rédactrice en chef de Radio Vatican

à franceinfo

Que le Pape François soit critiqué c'est bon signe, estiment de leur côté ses amis jésuites, les plus proches. Et pour le Pape François, toutes les voix dans l'Eglise doivent s'exprimer. Le vaticaniste de longue date, Luigi Accattoli, souligne que l’Eglise, en Occident en particulier, a du mal à suivre."Tout le pontificat se joue sur cet enjeu : faire sortir l’Eglise d’elle-même. Pour l’instant, l’Eglise n’en a pas la force", analyse le vaticaniste.

On ne peut pas, aujourd’hui, savoir si le Pape François réussira à faire bouger l'Eglise ou s’il restera dans l’histoire comme un Pape sympathique mais qui n’a pas été obéi.

Luigi Accattoli, vaticaniste

à franceinfo