Pédophilie : des victimes du prêtre Bernard Preynat écrivent une lettre au pape

Ils demandent une audience au souverain pontife pour "comprendre" notamment pourquoi l'écclésiastique, qui officiait dans la région lyonnaise, a mis si longtemps à être relevé de ses fonctions.

Bertrand Virieux, l'une des victimes présumées du prêtre Bernard Preynat, a écrit une lettre au pape François, envoyée le 14 mars 2016.
Bertrand Virieux, l'une des victimes présumées du prêtre Bernard Preynat, a écrit une lettre au pape François, envoyée le 14 mars 2016. (MAXPPP)
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Ils ne font plus confiance à leur cardinal, Philippe Barbarin, et en appellent désormais au souverain pontife. Des victimes présumées de Bernard Preynat, prêtre soupçonné de pédophilie, envoient une lettre au pape François, lundi 14 mars, afin de solliciter une audience privée au Vatican, rapporte Le Parisien (article payant).

Dans leur courrier, ces membres de l'association La parole libérée demandent "l'aide" du pape François. "Nous nous sommes aperçus que beaucoup de personnes ont été complices par leur comportement et leur silence depuis les années 1970, écrivent-ils. Nous avons l'impression que notre démarche de vérité gêne, et que la parole n'est pas la bienvenue."

Nous souhaitons, Très Saint-Père, que vous puissiez être un phare dans notre nuit et que vous preniez le temps de nous connaître.

Des victimes du prêtre Bernard Preynat

dans une lettre au pape François

"Aucun esprit de vengeance"

Les trois signataires affirment n'être "animés d'aucun esprit de vengeance" mais veulent simplement "comprendre". Comprendre pourquoi le prêtre Bernard Preynat, qui officiait dans la région lyonnaise, est resté en fonctions jusqu'en août 2015. Comprendre pourquoi le cardinal Barbarin ne l'a pas relevé plus tôt de sa charge.

"En s'enfermant dans le silence, notre cardinal a perdu toute crédibilité, explique au Parisien Bertrand Virieux, l'un des auteurs de la lettre. Voilà pourquoi nous faisons appel au pape François, en qui on a toute confiance. Pour nous, c'est la référence morale suprême." A plusieurs reprises, le souverain pontife a plaidé pour la "tolérance zéro" face aux affaires de pédophilie au sein de l'Eglise catholique.