VIDEO. Enquête sur les soupçons d'ingérence russe : "Il y a quelque chose d'éminemment grave pour Donald Trump"

Selon l'historien spécialiste des États-Unis, Thomas Snégaroff, l'enquête sur les soupçons d'ingérence russe est "l'affaire la plus grave" pour le président américain.

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L'enquête sur les soupçons d'ingérence russe pendant la campagne présidentielle américaine de 2016 progresse. Trois hommes ont été mis en examen par le procureur Robert Mueller. Il s'agit de Paul Manafort, ancien directeur de campagne de Donald Trump, de son associé, et de George Papadopoulos, ancien conseiller aux Affaires étrangères du président américain. "Ce dernier a reconnu avoir directement traité avec des Russes, avec l'assentiment de la campagne de Trump, pour avoir des informations compromettantes sur Hillary Clinton et ses e-mails", a expliqué Thomas Snégaroff, historien spécialiste des États-Unis pour franceinfo.

George Papadopoulos a été arrêté par le FBI en juillet dernier à l'aéroport de Washington. "Dans le plus grand secret, le procureur Mueller arrive à en faire un collaborateur actif de son enquête. Il reconnaît avoir menti préalablement, mais pour ne pas être trop dans la panade, il accepte, entre juillet et aujourd'hui, de travailler. On dit qu'il a collaboré activement. Cela veut dire qu'il a éventuellement parlé à des gens avec des micros. Tous les gens avec qui il a parlé ces derniers mois, ils peuvent trembler", a ajouté Thomas Snégaroff.

"Le procureur Mueller a certainement d'autres cartes en main"

Selon l'historien de franceinfo, "c'est l'affaire la plus grave" pour le président américain. "Ça rigole moins. D'ailleurs, il n'y a pas eu de tweet de Donald Trump, rien eu depuis 14 heures, ce qui est relativement rare. On travaille avec les conseils juridiques, parce que là, il y a quelque chose d'éminemment grave pour Donald Trump", a-t-il ajouté. "Il y a là, éventuellement, ce que le procureur Mueller recherche, à savoir l'idée que la campagne de Trump a profité d'informations venant de Russie pour remporter l'élection présidentielle. Avec évidemment un retour sur investissement de la part des Russes", selon Thomas Snégaroff.

"On est dans le money-time. Le procureur Mueller a certainement d'autres cartes en main. Un autre nom va sortir prochainement : Carter Page, qui était aussi en charge de la politique étrangère, qui a aussi fait un voyage en Russie pendant la campagne. Il paraît qu'il y a une ambiance désastreuse à la Maison-Blanche", a conclu Thomas Snégaroff.

Donald Trump, le 25 octobre 2017.
Donald Trump, le 25 octobre 2017. (SAUL LOEB / AFP)