Cash Investigation, France 2

VIDEO. "Cash Impact". Le diesel pourrait tuer des milliers de personnes en Europe dans les années à venir

Selon le Massachusetts Institute of Technology, les excès d’oxydes d’azote rejetés par des véhicules de constructeurs français auraient causé le décès précoce de centaines de personnes en 2015, tant en France que sur le continent européen… Extrait du magazine "Cash Impact" du 3 octobre.

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Une équipe de chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT), situé à Cambridge, à proximité de Boston sur la côte est des Etats-Unis, a décidé de compter les victimes du "dieselgate". Leur étude vient d’être présentée à une grande revue scientifique américaine. Ils ont accepté de livrer leurs conclusions en avant-première au magazine "Cash Impact" (Facebook, Twitter, #@cashinvestigati).

Guillaume Chossière, chercheur français membre de cette équipe, a réalisé l’enquête risquant de faire trembler l’industrie automobile. Pour calculer le coût humain du scandale mis au jour par l’affaire Volkswagen, ce scientifique et ses collègues ont fait parler les statistiques. Leur travail consistait à évaluer la probabilité, pour les personnes qui respirent les excès de NOx (oxydes d’azote), de développer une maladie mortelle.

Peugeot, Citroën et Renault également concernés par le "dieselgate"

"D’après nos calculs, le nombre de morts prématurées pour 2015 s’élèverait à 550 pour la France seule, sur un total de 4 000 à l’échelle de l’Europe, détaille Guillaume Chossière. Ce sont des gens qui auraient dû vivre plus longtemps et dont la vie a été abrégée par les excès de NOx." Alors, combien de ces décès seraient dus aux voitures françaises qui dépassent les normes d’homologation ? Les chercheurs du MIT ont pu établir une estimation constructeur par constructeur. Les seules voitures Peugeot et Citroën auraient causé, selon le MIT, 50 décès prématurés en France en 2015… et 140 en Europe. 

Leur calcul est encore plus alarmant pour la marque au losange : "On a estimé que Renault causait à peu près 140 morts prématurées en France en 2015 et que son impact sanitaire s’élevait à 670 morts prématurées en Europe." Et une Renault reste en moyenne douze ans en circulation… "Celles qui émettent trop de NOx en 2015 font pareil en 2016, 2017… Ce qui est quantifié en 2015 se prolonge naturellement sur les années suivantes, à moins qu’on retire toutes les voitures de la flotte, ce qui paraît hautement improbable", explique le chercheur. Si rien n’est fait dans un avenir proche, le bilan pourrait atteindre des milliers de décès prématurés.

Extrait de "Diesel : les constructeurs nous enfument-ils ?", une enquête de Jules Giraudat diffusée le mardi 3 octobre 2017 sur France 2.

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CASH IMPACT / FRANCE 2 (CAPTURE ECRAN / CASH IMPACT / FRANCE 2)