Présidentielle américaine : quatre enseignements à tirer des résultats de l'Iowa

La première étape des primaires démocrates et républicaines a été marquée par la défaite de Donald Trump et la victoire, à l'arraché, d'Hillary Clinton.

Donald Trump, candidat aux primaires républicaines, après sa défaite lors des caucus dans l'Iowa, à Des Moines (Etats-Unis), le 1er février 2016.
Donald Trump, candidat aux primaires républicaines, après sa défaite lors des caucus dans l'Iowa, à Des Moines (Etats-Unis), le 1er février 2016. (JIM WATSON / AFP)

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Les sondages ne l'avaient pas franchement vu venir : favori depuis des semaines, Donald Trump a finalement chuté, lors des caucus de l'Iowa, lundi 1er février. Le milliardaire a dû se contenter d'une décevante deuxième place. Quant à Hillary Clinton, elle a bien fini par battre son rival socialiste Bernie Sanders, mais avec un écart de quelques dixièmes de point seulement. Francetv info vous résume ce qu'il faut retenir de ces résultats, première étape des primaires en vue de la présidentielle.

Une victoire au goût amer pour Hillary Clinton

Hillary Clinton, candidate aux primaires démocrates, le soir des caucus dans l'Iowa, à Des Moines (Etats-Unis), le 1er février 2016.
Hillary Clinton, candidate aux primaires démocrates, le soir des caucus dans l'Iowa, à Des Moines (Etats-Unis), le 1er février 2016. (WIN MCNAMEE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)
Certes, il y a huit ans, Hillary Clinton avait été battue dans l'Iowa par un certain Barack Obama. Cette fois-ci, elle a dû attendre près de trois heures pour revendiquer la victoire, visiblement d'une (très) courte tête, face au "démocrate socialiste" Bernie Sanders. L'écart est tellement serré – quelques dixièmes de point – qu'aucune chaîne américaine ne s'était aventurée à désigner un vainqueur dès lundi soir.

Après avoir caracolé en tête des sondages pendant des mois, l'ancienne secrétaire d'Etat ne bénéficie que d'une victoire à l'arraché, un assez mauvais symbole pour commencer la saison des primaires. Bernie Sanders peut donc se vanter d'avoir obtenu une "quasi-égalité" avec sa rivale, malgré sa posture d'outsider : "Nous n'avions pas d'organisation politique, pas d'argent, pas de nom, on ne nous connaissait pas", a-t-il expliqué face à ses supporters.

Pour autant, le New York Times (en anglais) estime que ce score est un meilleur présage qu'il n'y paraît pour l'ancienne First lady. En effet, l'Iowa est un Etat majoritairement blanc, mais aussi plutôt libéral, comme l'explique le quotidien de référence : du "sur-mesure" pour Bernie Sanders, qui n'est pas le chouchou des minorités, mais pas suffisant pour lui offrir la victoire. Au niveau national, il reste encore largement derrière Hillary Clinton dans les sondages.

Un mauvais départ pour Donald Trump

Désillusion pour Donald Trump, qui apparaît grimé en clown triste à la une du New York Daily News. Lui qui dominait les sondages et montrait les muscles ces dernières semaines a été obligé de se dire "honoré" de devoir se contenter de la deuxième place, derrière l'ultraconservateur Ted Cruz. 

Alors que le magnat de l'immobilier, trois fois marié, divise la droite religieuse, le sénateur du Texas a pu bénéficier du soutien de nombreux électeurs évangéliques. Dans la foulée de sa victoire, il s'est une fois de plus positionné comme le candidat anti-système, créneau sur lequel Donald Trump tentait de faire son nid. "L'Iowa a envoyé un message, a exulté Ted Cruz. Celui que le candidat républicain ne sera pas choisi par les médias. Nous ne serons pas choisis par l'establishment de Washington, par les lobbyistes…"

Marco Rubio, le vrai gagnant de la soirée ?

Marco Rubio, candidat aux primaires républicaines, après les caucus dans l'Iowa, à Des Moines (Etats-Unis), le 1er février 2016.
Marco Rubio, candidat aux primaires républicaines, après les caucus dans l'Iowa, à Des Moines (Etats-Unis), le 1er février 2016. (PETE MAROVICH / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

Et si le troisième homme était le véritable vainqueur du scrutin ? Arrivé juste derrière Donald Trump, Marco Rubio a surpassé les pronostics. Vanity Fair (en anglais) le sacre même gagnant "non officiel" de cette première soirée électorale. Grâce à son bon score, le sénateur de Floride a prouvé à l'establishment républicain – pas franchement acquis à la cause de Donald Trump ou de Ted Cruz – qu'il constituait une hypothèse crédible, à en croire le magazine.

Ce résultat pourrait permettre à Marco Rubio de prendre un bon "élan" pour la suite du processus, juge Politico (en anglais). Le benjamin de la campagne a d'ailleurs exploité à fond cette idée dans son discours face à ses supporters. "Pendant des mois, on nous a dit que je n'avais aucune chance car je portais un message optimiste (...) ou que mes cheveux n'étaient pas gris, a-t-il réagi. Aujourd'hui, nous avons fait un premier pas, mais un pas important vers la victoire."

La preuve de l'absurdité des caucus démocrates ?

Le suspense a duré longtemps, jusqu'au milieu de la nuit. Avant 3 heures du matin dans l'Iowa, il était toujours impossible de déterminer avec certitude le vainqueur des caucus démocrates : la course est "trop serrée", a jugé un peu plus tôt dans la nuit l'agence Associated Press. Presque de quoi rappeler les sombres heures de l'élection à la présidence de l'UMP, comme ironisent certains journalistes français sur Twitter.

Surtout, dans certaines circonscriptions, le résultat du vote s'est joué à pile ou face, rapporte le Desmoines Register (en anglais). Dans l'un des caucus, un problème dans le décompte des participants a obligé à avoir recours à une pièce de monnaie pour déterminer l'affectation d'un dernier délégué au camp Clinton ou au camp Sanders, précise le quotidien. D'autres problèmes ont conduit à utiliser cette méthode dans cinq autres circonscriptions, assure le journal, et Hillary Clinton a à chaque fois remporté le jeu de hasard. Une situation pour le moins incongrue quand on sait à quel point le résultat final a été serré.