Présidentielle américaine : l'article à lire pour comprendre les primaires

Avant de voter pour leur nouveau président, le 8 novembre, les Américains doivent d'abord désigner les candidats démocrate et républicain. Un processus semé d'embûches, qui a débuté le 1er février, dans l'Iowa.

Des supporters de Bernie Sanders lors d'un meeting du candidat aux primaires démocrates, à Des Moines (Etats-Unis), le 31 janvier 2016.
Des supporters de Bernie Sanders lors d'un meeting du candidat aux primaires démocrates, à Des Moines (Etats-Unis), le 31 janvier 2016. (ALEX WONG / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)
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Qui succédera à Barack Obama dans le bureau ovale ? Les Américains désigneront, le 8 novembre prochain, le nouveau locataire de la Maison Blanche. Mais l'élection est encore loin : avant cela, ils doivent d'abord départager les nombreux prétendants au poste, à l'occasion des primaires, qui ont débuté lundi 1er février dans l'Iowa et connaisse mardi 1er mars un premier point d'orgue avec le "Super Tuesday". 

Francetv info vous explique tout ce qu'il faut savoir sur ce processus qui va tenir en haleine pendant plusieurs mois les électeurs de l'autre côté de l'Atlantique.

>> Présidentielle américaine : suivez tous les résultats en un clin d'œil

Comment ça marche, le processus de désignation ?

Un républicain ou un démocrate, pour être investi candidat à la présidentielle, doit remporter une majorité de délégués, des militants engagés et des responsables de chaque parti, résume Politico (en anglais). Au total, ils seront 4 764 à être désignés chez les démocrates au cours du processus, 2 472 chez les républicains.

Chacun des candidats engrangent des délégués à l'occasion des primaires ou des caucus, organisés dans tous les Etats et territoires américains, à partir du 1er février et jusqu’en juin. A chaque Etat correspond un certain nombre de délégués, en fonction de leur taille : la grande Californie a plus de délégués que le petit Iowa, par exemple. Le suspense est plus ou moins long selon les années. En 2012, le républicain Mitt Romney avait réuni une majorité derrière son nom dès le mois d'avril. En 2008, le démocrate Barack Obama avait dû attendre le mois de juin.

Mais c’est quoi, la différence entre une primaire et un caucus ?

Une primaire ressemble à une élection traditionnelle, organisée par l'Etat, explique le Washington Post (en anglais) : les électeurs se rendent dans un bureau de vote, choisissent leur candidat et repartent. Rien de plus simple, à ceci près que certaines primaires sont "ouvertes" à tous les électeurs (au Texas, en Virginie...), quand d’autres sont plus ou moins "fermées", c’est-à-dire restreintes aux seuls électeurs affiliés au parti (en Pennsylvanie, en Floride...).

A l’inverse, les caucus sont organisés par les partis eux-mêmes. Ils prennent la forme d’une réunion publique en soirée, là aussi ouverte ou fermée, mais le processus est ensuite variable. Exemple dans l’Iowa. Chez les républicains, c’est "un mélange entre une élection normale et une réunion de parents d’élèves", écrit le Washington Post (en anglais) : les électeurs se rassemblent, écoutent les discours des représentants des candidats et votent à bulletin secret. Chez les démocrates, le processus est nettement plus long et plus folklorique, mais le principe est le suivant : les partisans de chaque candidat se rassemblent physiquement dans une zone de la pièce où se déroule la réunion, où ils sont comptés.

Tout le monde parle du "Super Tuesday", mais c'est quoi au juste ?

C'est une étape ultra-symbolique pour les prétendants à la Maison Blanche, chez les démocrates comme chez les républicains. Comme son nom l'indique, il s'agit d'un mardi, au cours duquel un grand nombre d'Etats tiennent simultanément des caucus ou des primaires. Cette fois-ci, il se tient le 1er mars.

La journée est donc cruciale pour les candidats, surtout pour ceux qui n'ont pas encore brillé dans les urnes, car de nombreux délégués sont en jeu. Cette année par exemple, 595 sont à répartir lors du "Super Tuesday" côté républicain et 865 côté démocrate.

Qui sont les candidats chez les républicains ?

Ça se bousculait de ce côté de l’échiquier politique américain. Au début des primaires, ils étaient douze dans la course, mais nombre d'entre eux ont déjà rendu les armes ces dernières semaines.Celui dont tout le monde parle, c’est évidemment Donald Trump : le milliardaire survole les sondages depuis plusieurs mois, malgré des polémiques après, notamment, ses propos sur les immigrés clandestins ou les musulmans.

Les autres têtes d'affiches sont l’ultraconservateur sénateur du Texas, Ted Cruz, pro-armes et anti-avortement, ou le sénateur de Floride Marco Rubio, un hispanique qui – à 44 ans seulement – est encore aujourd’hui l’un des espoirs du parti républicain. Restent encore dans la course le neurochirurgien Ben Carson, outsider de la politique, et le gouverneur de l'Ohio, John Kasich.

Et chez les démocrates ?

Chez les démocrates, c’est plus simple : ils ne sont plus que deux. Il y a bien entendu Hillary Clinton : l’ex-secrétaire d’Etat, ancienne First Lady, retente sa chance après sa première tentative en 2008. Son principal adversaire, le sénateur du Vermont Bernie Sanders, est marqué à gauche : il se décrit lui-même comme un "socialiste", ce qui est pour le moins original dans le paysage politique outre-Atlantique.

Largement distancé, l'autre prétendant au poste, le gouverneur du Maryland, Martin O’Malley, n'a fait office que de second rôle ces dernières semaines. Il a abandonné après les caucus de l'Iowa. Sa campagne lui permettrait plutôt de se montrer disponible pour un poste de vice-président, voire de secrétaire à l’Energie, écrivait USA Today (en anglais) à la mi-janvier.

Qui sont les favoris des sondages ?

Côté républicain, Donald Trump écrase tout sur son passage : avec près de 42% des intentions de votes, selon les plus récents sondages compilés par le Huffington Post (en anglais), il devance de 20 points ses plus proches adversaires, Ted Cruz et Marco Rubio (48,3% et 17,2%). Sensation de l’automne, le neurochirurgien Ben Carson s’est, depuis, effondré à moins de 9%. Le dernier en lice, John Kasich, dépasse péniblement les 7%.

Chez les démocrates, le combat est plus difficile que prévu pour Hillary Clinton. Un temps incontestée, l’ancienne secrétaire d’Etat a dû faire face à la montée constante de Bernie Sanders. Avec plus de 51% des intentions de vote contre 39,6% au sénateur, elle bénéficie encore d’une confortable avance, mais attention, il s’agit des sondages nationaux. Les élections se déroulent Etat par Etat : Bernie Sanders a remporté le New Hampshire et s'est révélé être un adversaire coriace dans l'Iowa et le Nevada.

Les sondages peuvent-ils encore se tromper ?

Le suspens commence à s'amenuiser. Scrutin après scrutin, Donald Trump confirme sa suprématie dans le camp républicain. Faute de résultats satisfaisants, le favori de l'establishment, Jeb Bush, a fini par jeter l'éponge. Et les plus proches concurrents du milliardaire, Ted Cruz et Marco Rubio, peinent à rassembler les électeurs des primaires, malgré l'abandon des autres prétendants.

Chez les démocrates, la partie a été certes plus compliquée que prévue pour Hillary Clinton, mais l'ancienne secrétaire d'Etat a été revigorée par le scrutin en Caroline du Sud, qu'elle a remportée avec une très large avance. Le résultat de cette primaire laisse planer le doute sur la capacité de Bernie Sanders à rassembler dans les Etats du Sud des Etats-Unis, lui qui est à la peine auprès de l'électorat afro-américain.

Une fois les primaires terminées, il se passe quoi ?

Les candidats vainqueurs seront investis lors des conventions nationales de chaque parti, en juillet prochain, à Cleveland (Ohio) pour les républicains, puis Philadelphie (Pennsylvanie) pour les démocrates. Ces conventions durent quatre jours et visent à galvaniser la base et à mieux faire connaître le candidat investi, devant des milliers de journalistes et des dizaines de millions de téléspectateurs. Ensuite commencera la campagne officielle, jusqu’à l’élection du 8 novembre.

Il ne peut pas y avoir d’autres candidats ?

Si. Même si la politique américaine est marquée par le bipartisme, techniquement, rien n’empêche un candidat de se déclarer en dehors des partis républicain et démocrate. L’ancien maire de New York, Michael Bloomberg, réfléchirait ainsi à une candidature indépendante face aux possibles succès de Donald Trump et Bernie Sanders, selon le New York Times (en anglais). Proche des milieux d'affaires de Wall Street et libéral sur les questions de société, il serait prêt à consacrer au moins un milliard de dollars de sa fortune personnelle pour se lancer dans la course à la Maison Blanche.

L'université Suffolk de Boston a testé pour USA Today l'hypothèse Bloomberg auprès de 1 000 électeurs potentiels, interrogés entre les 11 et 15 février. Les résultats (en anglais) soulignent l'ampleur de la tâche qui l'attendrait s'il officialisait sa candidature : il est crédité de 16% des intentions de vote contre 37% pour Donald Trump et 30% pour Bernie Sanders.

En 1992, un autre milliardaire venu du monde des affaires, Ross Perot, avait tenté sa chance en indépendant et obtenu environ 19% des voix. Les politologues estiment que sa candidature avait contribué à la défaite du président sortant, le républicain George H. Bush, battu par Bill Clinton.

J'avoue, j'ai eu la flemme de tout lire et je suis allé directement à la fin. Je peux avoir un résumé ?

A partir du 1er janvier et jusqu’en juin, les électeurs américains sont appelés à choisir, parmi les nombreux prétendants à la Maison Blanche, les candidats démocrate et républicain à l’élection présidentielle de novembre.

Côté démocrate, l’ancienne secrétaire d’Etat Hillary Clinton fait figure de favorite, mais elle doit faire face à une concurrence beaucoup plus féroce qu'attendue de la part de son adversaire, le "socialiste" Bernie Sanders. Dans le camp adverse, personne ne semble pour l’instant en mesure d’arrêter le bulldozer Donald Trump : hormis un accrochage dans l'Iowa, le milliardaire a dominé les premières primaires organisées en février.

Le coup d’envoi de la campagne officielle sera donné en juillet, quand les candidats sélectionnés seront investis lors des conventions nationales de chaque parti. Mais cela n’empêche pas d’autres prétendants de se déclarer en dehors de ce processus : l’ancien maire de New York Michael Bloomberg réfléchirait ainsi à puiser dans sa fortune personnelle pour se lancer dans la course en tant que candidat indépendant.