L'Américain qui prétendait avoir "fait élire Trump" grâce à ses "fake news", retrouvé mort

Plagiant de vrais sites d'informations, ses titres étaient des aimants à clics, avec une obsession pour l'islam et les démocrates, histoire de mettre le feu aux poudres. 

Capture d\'écran du magazine de France 2 \"Complément d\'enquête\" daté du 24 mars 2017, montrant l\'Américain Paul Horner, auteur de \"fake news\", en train de travailler. 
Capture d'écran du magazine de France 2 "Complément d'enquête" daté du 24 mars 2017, montrant l'Américain Paul Horner, auteur de "fake news", en train de travailler.  (COMPLEMENT D'ENQUETE)
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"Je pense que Donald Trump est à la Maison Blanche à cause de moi." Paul Horner, créateur de faux sites d'informations, avait suscité la controverse après l'élection présidentielle américaine, en expliquant avoir considérablement influencé les électeurs en faveur du candidat républicain. Mercredi 27 septembre, les autorités ont confirmé à la presse américaine que l'homme de 38 ans a bien été retrouvé mort à son domicile de la banlieue de Phoenix, dans l'Arizona (ouest des Etats-Unis). 

Selon le porte-parole du shérif du comté locale, l'autopsie écarte la thèse d'un acte criminel. "Paul Horner avait un passé de consommateur de médicaments, et des indices sur place laissent penser qu'il peut s'agir d'une overdose accidentelle", écrit la chaîne CBS (lien en anglais).    

Les fans de Trump "ne vérifient rien et croient en n'importe quoi"

"Mes sites étaient tout le temps consultés par des fans de Trump (...). Ils ne vérifient rien, ils partagent tout et croient en n'importe quoi", expliquait Paul Horner en novembre 2016 au Washington Post, peu après l'élection du milliardaire. Sur les faux sites d'information qu'il a créés, il a notamment raconté que Barack Obama était tantôt un islamiste radical, tantôt un homosexuel. Il s'en prenait volontiers aux démocrates et aux anti-Trump en général, racontant par exemple que ces derniers étaient payés pour troubler les meetings du candidat.

Partagé des milliers de fois via Facebook, ses fausses infos étaient parfois tweetées par des proches de Donald Trump, comme l'un de ces fils ou son directeur de campagne, lesquels disposaient déjà chacun de centaines de milliers d'abonnés. 

"Jamais je n'aurais cru possible qu'il soit élu. Je pensais juste semer le désordre dans la campagne (...) Je déteste Trump", avait confié Paul Horner au Washington Post, prétendant ne faire que de "la satire".  Sa motivation n'était pas politique, et lui rapportait gros : grâce à Adsense, la régie publicitaire de Google, le créateur de fake news estimait avoir touché entre 5 et 10 000 dollars par mois, voire jusqu'à 18 000 dollars pendant la course à la Maison Blanche, expliquait-il dans cet extrait du magazine "Complément d'enquête" daté de mars 2017. 


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