Etats-Unis : trois questions sur la démission du conseiller de Trump à la sécurité nationale

Michael Flynn a été poussé à la démission, lundi, en raison de contacts jugés inappropriés avec la Russie, alors qu'il n'occupait pas encore de fonctions officielles.

Michael Flynn lors de l\'investiture de Donald Trump à la présidence américaine, le 20 janvier 2017 à Washington (Etats-Unis).
Michael Flynn lors de l'investiture de Donald Trump à la présidence américaine, le 20 janvier 2017 à Washington (Etats-Unis). (SAUL LOEB / AFP)
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avec AFP et ReutersVincent MatalonFrance Télévisions

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Première crise d'ampleur pour l'administration Trump. Michael Flynn, conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, a démissionné, lundi 13 février au soir, moins de 96 heures après les révélations de la presse sur ses contacts inappropriés avec la Russie, alors que Barack Obama était encore en fonction.

Franceinfo revient sur cette démission surprise et ses implications.

Qui est Michael Flynn ?

Général à la retraite âgé de 58 ans, Michael Flynn est l'un des principaux inspirateurs des idées de Donald Trump sur les questions internationales. Personnalité controversée en raison notamment d'une certaine ambiguïté quant au recours au "waterboarding" (une technique de torture par simulation de noyade), il avait conseillé le président américain très tôt dans sa campagne électorale. 

Sa nomination au poste de conseiller à la sécurité nationale avait suscité des remous. Dans le renseignement, beaucoup estimaient qu'il ne convenait pas à ce poste crucial, certains affirmant même qu'il avait été retiré de la tête du renseignement militaire (DIA) après seulement deux ans pour cause de mauvaise gestion.

Michael Flynn est également un partisan convaincu d'un rapprochement entre Washington et Moscou. Au moment de sa nomination, Le Monde relevait qu'il était un interlocuteur régulièrement sollicité par la chaîne Russia Today, financée par le Kremlin. Il avait, en outre, été invité à un gala organisé en grande pompe dans la capitale russe en décembre 2015, au cours duquel il avait été placé à la même table que Vladimir Poutine. 

Que lui est-il reproché ?

Michael Flynn était dans la tourmente après des révélations parues, jeudi, dans le New York Times et le Washington Post. Il lui est reproché d'avoir négocié par téléphone avec l'ambassadeur de Russie à Washington en décembre, soit plusieurs semaines avant l'investiture de Donald Trump. Une pratique prohibée par le Logan Act de 1799, qui interdit aux simples citoyens de négocier avec des autorités étrangères.

Concrètement, au moment même où l'administration Obama ordonnait, à la fin décembre, des sanctions contre la Russie pour son ingérence présumée dans les élections américaines, Michael Flynn assurait, de son côté, l'ambassadeur de Russie Sergey Kislyak que Donald Trump serait beaucoup moins sévère quand il serait investi officiellement président.

Le conseiller du président avait, dans un premier temps, indiqué ne pas se souvenir d'avoir abordé ce sujet avec l'ambassadeur. Il en avait même convaincu le vice-président, Mike Pence, qui avait pris sa défense à la télévision. Las, les services de renseignement américains avaient la main sur un compte-rendu de la conversation qui contredisait la version de Michael Flynn. Pour le ministère de la Justice américain, une telle situation était susceptible de rendre le conseiller vulnérable à une tentative de chantage venue de Moscou.

Quelles vont être les conséquences pour l'administration Trump ?

Cette démission d'un des principaux conseillers du nouveau président suscite d'autant plus de remous qu'une des sources proches de Donald Trump indiquait, dans la journée de lundi, que Michael Flynn conservait "toute la confiance" du chef de l'Etat américain.

Les démocrates au Congrès avaient réclamé, lundi, le renvoi de l'ancien général pour ces accusations "ahurissantes", leurs collègues républicains optant pour le mutisme.

Dans sa lettre de démission, Michael Flynn a reconnu avoir, "par inadvertance, trompé le vice-président élu (Mike Pence) et d'autres personnes avec des informations incomplètes sur (ses) discussions téléphoniques avec l'ambassadeur de Russie"

Le général à la retraite Joseph Kellogg a été aussitôt désigné par la Maison Blanche pour assurer l'intérim à ce poste stratégique. Un responsable américain cité par l’agence de presse Reuters indique, de son côté, que la candidature de David Petraeus, ancien directeur de la CIA, est examinée.