Etats-Unis : la police a enquêté pour savoir si Donald Trump incite ses partisans à la violence

Au cours d'une réunion publique en Caroline du Nord, un partisan du milliardaire a frappé un manifestant noir. La police a étudié la possibilité de poursuivre Donald Trump, avant de se rétracter.

Donald Trump, candidat aux primaires républicaines, lors d'un meeting à Hickory, en Caroline du Nord (Etats-Unis), le 14 mars 2016.
Donald Trump, candidat aux primaires républicaines, lors d'un meeting à Hickory, en Caroline du Nord (Etats-Unis), le 14 mars 2016. (SEAN RAYFORD / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)
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Donald Trump trouble-t-il l'ordre public ? La police de Caroline du Nord a cherché à déterminer si le milliardaire, en tête des primaires républicaines, a incité les violences survenues lors de l'un de ses récents meetings dans cet Etat du sud-est des Etats-Unis. Au cours de cette réunion publique à Fayetteville, mercredi 9 mars, un militant blanc avait frappé un manifestant noir anti-Trump.

"Nous continuons d'examiner toutes les circonstances, a d'abord indiqué lundi le bureau du shérif du comté de Cumberland. Y compris tout chef d'accusation supplémentaire contre M. McGraw [le militant blanc], y compris la possibilité que l'attitude de M. Trump ou de la campagne de M. Trump ait atteint un niveau incitant à l'émeute, et y compris les actions ou les inactions de nos agents." "Nous ne solliciterons pas de mandat ou d'inculpation contre M. Trump ou sa campagne pour ces infractions", ont finalement décidé les autorités, selon un communiqué diffusé par le Washington Post (en anglais).

Des incidents de plus en plus fréquents

John McGraw, 78 ans, a été arrêté par la police jeudi dernier et inculpé d'agression, voies de fait et trouble à l'ordre public pour avoir frappé d'un coup de poing au visage Rakeem Jones. Ce manifestant noir de 26 ans était escorté vers la sortie de la salle où se tenait le meeting de Donald Trump par des agents de sécurité, et avait effectué un doigt d'honneur au public en traversant les gradins. Le septuagénaire qui l'a frappé a précisé, par la suite, que la prochaine fois il serait peut-être nécessaire de "tuer" Rakeem Jones. Il doit comparaître devant la justice le 6 avril.

Donald Trump est accusé par ses critiques d'inciter ses partisans à la violence, et d'alimenter une atmosphère de plus en plus toxique autour de ses meetings et de sa campagne en général. Les incidents sont de plus en plus fréquents. L'homme d'affaires a ainsi dû annuler vendredi un meeting dans une université de Chicago après des accrochages entre ses partisans et des manifestants, dont de nombreux Noirs et Hispaniques.

La promesse de Trump : "Je paierai les frais d'avocats"

Face à ces protestataires, le businessman adopte une rhétorique de plus en plus agressive. Début février, il avait par exemple encouragé ses partisans à s'en prendre physiquement aux trouble-fête : "Je paierai les frais d'avocat", promettait-il. Interrogé à la télévision américaine dimanche, il a assuré qu'il étudiait cette possibilité pour défendre John McGraw. Un comportement dénoncé par ses adversaires, comme Hillary Clinton. Lundi soir, la candidate démocrate a indiqué qu'elle le tenait "responsable" de ces violences.