Doutes et indignation au Mexique après l'ordre de Trump de construire "le mur de la honte"

Les Mexicains sont partagés entre indignation et doutes après l'ordre du président Donald Trump de construire à leur frontière un mur anti-migrants. 

Un tiers de la frontière est déjà couvert par une barrière (ici à San Ysidro, en Californie)
Un tiers de la frontière est déjà couvert par une barrière (ici à San Ysidro, en Californie) (SANDY HUFFAKER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)
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Emmanuelle SteelsRadio France

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Le mur de la honte, la mur de la haine, le mur de l’intolérance…”: avant même que la première pierre n’en soit posée, les qualificatifs pleuvent, du côté mexicain, sur ce mur anti-migrants dont le président américain Donald Trump a signé la construction.

Doutes sur la concrétisation du projet


Même si la plupart des Mexicains considèrent qu’il s’agit d’une manoeuvre médiatique destinée à satisfaire son électorat, certains doutent même de la concrétisation du projet, et rappellent que sa construction s’avèrera des plus compliquées. Pour autant, le mur sert d’argument à ceux qui veulent voir le président mexicain Enrique Peña Nieto répondre à la hauteur de l’affront subi, en annulant sa rencontre avec Donald Trump, prévue mardi prochain, le 31 janvier, à Washington. Au-delà des réactions émotionnelles, la majorité des opinions signalent qu’il s’agit d’un chantier inutile, alors que le nombre de migrants mexicains qui tentent de passer la frontière est tombé à son niveau le plus bas des dernières années.

Un tiers de la frontière est déjà couvert par une barrière


Beaucoup, au Mexique, doutent de la viabilité de ce projet, alors qu’une barrière couvre déjà plus de mille kilomètres, soit un tiers de la frontière. Et les Mexicains ne manquent pas de noter, avec une pointe de satisfaction, que Trump s’emmêle les pinceaux quand il tente d’expliquer comment il fera payer la construction à ses voisins. Le mur sert aussi de levier à l’orgueil national, et d’aucuns demandent au président Peña Nieto de lever, lui aussi, son propre mur, et de ne pas se rendre au rendez-vous avec Donald Trump à la Maison Blanche le 31 janvier.