Critiqués après l'élection américaine, Google et Facebook s'attaquent aux faux sites d'informations

Les deux géants ont décidé de couper les financements, liés à la pub, de ces sites répandant de fausses informations. 

Un employé de Facebook circule dans les couloirs du siège à Menlo Park, en Californie (Etats-Unis), le 15 mars 2013.
Un employé de Facebook circule dans les couloirs du siège à Menlo Park, en Californie (Etats-Unis), le 15 mars 2013. (JEFF CHIU / AP / SIPA)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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Ils sont épinglés pour leur rôle supposé dans l'élection de Donald Trump et leur influence générale sur l'opinion publique lors de la présidentielle américaine. Les géants internet américains Google et Facebook ont pris des mesures, mardi 15 novembre, pour couper les revenus publicitaires des faux sites d'informations en ligne. Franceinfo vous en dit plus. 

Que comptent faire les deux géants ? 

L'initiative des deux groupes, qui s'adjugent le plus gros du marché mondial de la publicité en ligne grâce à leurs régies publicitaires, vise à priver de financements une industrie alimentée par des informations sensationnelles et souvent fausses.

Chez Google. "Nous allons commencer à interdire les publicités de Google sur les contenus trompeurs, de la même manière que nous interdisons les publicités mensongères", a indiqué Google dans un communiqué. "A l'avenir nous allons restreindre les publicités sur les pages qui dénaturent ou masquent les informations sur l'éditeur, ses contenus ou le but premier du propriétaire du site", ajoute le groupe.

Chez Facebook. Le réseau social créé par Mark Zuckerberg va mettre en place une politique identique. "Nous n'intégrons pas ou ne montrons pas de publicités dans des applications ou des sites dont le contenu est illégal, trompeur ou mensonger, ce qui inclut les fausses informations", a souligné Facebook dans un communiqué. "C'était jusqu'à présent sous-entendu, mais nous avons mis à jour notre politique pour clairement exprimer que cela concerne les fausses nouvelles."

Que reproche-t-on à Google et Facebook ?

La victoire de Donald Trump à l'élection présidentielle américaine, le 8 novembre, a déclenché un débat sur la quantité et l'influence des informations fantaisistes circulant en ligne. Certaines affirmaient par exemple qu'Hillary Clinton appelait "à la guerre civile si Trump était élu" ou que le pape François "soutenait Donald Trump".

Lundi encore, les internautes cherchant les résultats du scrutin sur Google tombaient sur une fausse information d'un blog baptisé 70News selon laquelle Donald Trump avait remporté le vote populaire en plus de sa victoire chez les grands électeurs. Or, il a effectivement gagné chez ces derniers, mais Hillary Clinton a recueilli davantage de suffrages populaires.

Comment les deux géants réagissent-ils ?

Chez Google. Dans une interview à la BBC (en anglais), le patron de Google, Sundar Pichai, a reconnu qu'il y avait "eu plusieurs incidents" dans lesquels de fausses informations avaient été signalées "et nous n'avons pas pris les bonnes décisions". "C'est donc un moment d'apprentissage pour nous et nous allons vraiment travailler pour régler ça", a-t-il ajouté.

Interrogé sur la possibilité que les faux sites d'informations aient pu influencer le vote de certains électeurs à la présidentielle américaine, il a répondu "bien sûr". "De notre point de vue, les fausses informations ne devraient pas être distribuées, donc nous sommes tous d'accord qu'il faut que les choses s'améliorent", a-t-il reconnu.

Chez Facebook. Du côté du réseau social, le mea culpa s'avère plus compliqué. Son PDG-fondateur, Mark Zuckerberg, a réfuté l'idée "assez dingue" selon laquelle le réseau social aurait laissé circuler de fausses informations. Il a toutefois promis de faire des efforts pour filtrer davantage les contenus bidons ou désinformant.

Le groupe a également démenti les informations du site Gizmodo (en anglais) qui a affirmé, lundi, que Facebook disposait d'un outil pour faire la chasse aux fausses informations, mais avait renoncé à s'en servir avant l'élection par crainte de s'attirer les foudres des conservateurs. "Identifier la vérité est compliqué, a encore prévenu Mark Zuckerberg. Si certains canulars peuvent être totalement démontés, un grand nombre de contenus, y compris provenant de sources grand public, ont souvent la bonne idée de base mais avec des détails faux ou omis."

Certains appellent aujourd'hui à considérer Facebook comme une entreprise de médias, et pas comme une plateforme neutre, afin que le réseau social prenne des décisions éditoriales sur les articles qu'il diffuse.