Charlottesville : le discours ambivalent de Donald Trump résumé en quatre actes

Lundi, sous la pression de ses conseillers en communication, le président américain a dénoncé un "racisme inacceptable", après le drame de Charlottesville. Mais mardi, Donald Trump a renvoyé dos à dos militants antiracistes et suprémacistes d'extrême droite, estimant qu'il y avait des "torts des deux côtés". 

Le président américain Donald Trump, le 14 août 2017 à Washington (Etats-Unis).
Le président américain Donald Trump, le 14 août 2017 à Washington (Etats-Unis). (NICHOLAS KAMM / AFP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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Donald Trump multiplie les revirements depuis les violences qui ont secoué Charlottesville (Etats-Unis), samedi 12 août, où était organisé un rassemblement de suprémacistes blancs et une contre-manifestation de militants antiracistes. Une femme de 32 ans a été tuée, percutée volontairement par un sympathisant néonazi qui a lancé son véhicule dans la foule des opposants. 

Après avoir d'abord évoqué "des violences venant de diverses parties", le président des Etats-Unis, critiqué jusque dans son propre camp, a fini par dénoncer fermement le racisme. Jusqu'à ce mardi 15 août, où il a finalement assuré qu'il y avait des "torts des deux côtés". Franceinfo vous résume, en quatre actes, le discours changeant de Donald Trump.

Acte 1 : Donald Trump évoque "des violences venant de diverses parties"

C'est depuis son golf de Bedminster dans le New Jersey, où il passe ses vacances, que Donald Trump réagit pour la première fois aux violences de Charlottesville, dans l'Etat de Virginie. Dans un discours ambivalent, samedi 12 août, il renvoie dos à dos suprémacistes blancs et militants antiracistes en évoquant "des violences venant de diverses parties"

Le lendemain, le porte-parole de la Maison Blanche est obligé de préciser ces paroles et d'affirmer que les propos de Donald Trump incluaient  "bien sûr " les suprémacistes blancs, le KKK (Ku Klux Klan) et les néonazis. Mais à aucun moment, le président ne dénonce nommément ces groupuscules d'extrême droite.  

Acte 2 : Donald Trump est critiqué jusque dans son propre camp

Les déclarations ambivalentes de Donald Trump suscitent de vives critiques, notamment dans son propre camp. "Il faut nommer le mal", dénonce le sénateur républicain du Colorado Cory Gardner. Marco Rubio, sénateur de Floride et adversaire de Donald Trump lors des primaires républicaines en 2016, assure samedi qu'il souhaitait entendre le président "décrire les événements de Charlottesville pour ce qu’ils sont : une attaque terroriste menée par des suprémacistes blancs".

Trois conseillers économiques de Donald Trump, membres du conseil consultatif d'industriels américains, annoncent démissionner de leurs fonctions dans la foulée. Il s'agit du PDG d’Intel, Brian Krzanich, du dirigeant de la marque de sport Under Armour, Kevin Plank, et de celui des laboratoires Merck, Kenneth Frazier. "Nous devrions honorer – et non attaquer – ceux qui se sont levés pour l’égalité et autres valeurs américaines que nous chérissons", écrit ce dernier.

Acte 3 : Donald Trump condamne fermement le racisme

Lundi, deux jours après sa déclaration initiale, Donald Trump change finalement de ton pour décrire les violences de Charlottesville. "Le racisme, c'est le mal", lance-t-il depuis la Maison Blanche. Cette fois-ci, il cite les membres de groupes d'extrême droite, présents au rassemblement : "Ceux qui provoquent la violence en son nom sont des criminels et des voyous, y compris le KKK, les néonazis, les suprémacistes blancs et d’autres groupes haineux qui sont répugnants face à tout ce qui nous est cher en tant qu’Américains." 

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"Tous ceux qui ont agi de manière criminelle lors des violences racistes de ce week-end devront répondre de leurs actes devant la loi, justice sera rendue", ajoute-t-il. Avant de poursuivre : "Quelle que soit la couleur de notre peau, nous vivons tous avec les mêmes lois, nous saluons le même drapeau."

Acte 4 : Donald Trump évoque les "gens bien" dans les deux camps

Mardi, Donald Trump donne une conférence de presse depuis la Trump Tower, à New York, dans laquelle il revient sur le drame de Charlottesville. Le président fait alors volte-face : "J’ai regardé de très près, de beaucoup plus près que la plupart des gens. Vous aviez un groupe, d’un côté, qui était agressif. Et vous aviez un groupe, de l’autre côté, qui était aussi très violent. Personne ne veut le dire."

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Le président américain assure ensuite qu'il existe des "gens bien" dans les deux camps qui se sont affrontés. Pour justifier ce changement de ton, il évoque le manque d'informations dont il disposait lors de sa précédente allocution : "Les événements venaient d'avoir lieu."

A nouveau, ces propos suscitent l'indignation aux Etats-Unis, y compris du président de la Chambre des représentants, le républicain Paul Ryan : "Nous devons être clairs. L'idéologie de la suprématie blanche est répugnante. L'intolérance est contraire à toutes les valeurs de ce pays. Il ne peut pas y avoir d'ambiguïté morale." L'ancien responsable du KKK David Duke salue, pour sa part, le "courage" de Donald Trump, qui a mis selon lui en cause le "terrorisme gauchiste".