Charlottesville : en contre-pieds à Trump, les deux présidents Bush appellent à "rejeter le racisme, l'antisémitisme et la haine"

Le président des Etats-Unis a choqué une partie du camp républicain en renvoyant dos à dos les manifestants antifascistes et les militants suprémacistes blancs, dont un sympathisant a tué une jeune femme samedi à Charlottesville.

L\'ancien président des Etats-Unis George W. Bush lors d\'une conférence à Beverly Hills (Californie), le 3 mai 2017.
L'ancien président des Etats-Unis George W. Bush lors d'une conférence à Beverly Hills (Californie), le 3 mai 2017. (LUCY NICHOLSON / AFP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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Ils sortent rarement de leur réserve, et leur prise de parole ressemble à un désaveu pour Donald Trump : les deux anciens présidents républicains George H.W Bush et George W. Bush, son fils, ont appelé les Etats-Unis à "rejeter le racisme, l'antisémitisme et la haine sous toutes ses formes", mercredi 16 août, après les violences à Charlottesville. Des violences dont l'actuel président Donald Trump a estimé, mardi, que les responsables se trouvaient "des deux côtés", suscitant un malaise jusque dans son camp.

"Alors que nos prières vont à Charlottesville, nous nous remémorons ces vérités fondamentales couchées dans la Déclaration d'indépendance par le plus éminent des citoyens de cette ville [Thomas Jefferson]: 'tous les hommes sont créés égaux; ils sont dotés par le Créateur de certains droits inaliénables'", écrivent les deux Bush. "Nous savons que ces vérités sont éternelles parce que nous sommes les témoins de la décence et de la grandeur de notre pays".

A Charlottesville (Virginie), où des affrontements ont eu lieu samedi lors d'un rassemblement de la droite radicale, un jeune militant suprémaciste blanc a foncé dans une foule de contre-manifestants antiracistes avec sa voiture, tuant une jeune femme.

Désavoué par la présidente du parti républicain

Le propos de Donald Trump mardi, renvoyant les suprémacistes blancs et les antiracistes dos à dos, et livrés sur un ton acerbe et accusateur, ont laissé nombre d'élus républicains sans voix. Et ont donné l'impression que le président des Etats-Unis avait davantage dit ce qu'il pensait que la veille, lorsqu'il lisait sur téléprompteur, depuis la Maison Blanche, un discours condamnant les "violences racistes".

"A Charlottesville, les torts sont clairement du côté du KKK et des suprémacistes blancs", a tranché sur ABC Ronna Romney McDaniel, qui dirige le parti républicain. De son côté, le sénateur Lindsey Graham s'inquiétait ouvertement que "le parti de Lincoln offre un siège accueillant aux David Duke de ce monde", en référence au leader du Ku Klux Klan, qui a salué le discours de Donald Trump mardi.

Avant les Bush, Obama avait déjà répliqué à Trump

Confronté à une vague de démissions de PDG en désaccord avec ses propos, le président américain, qui devait retrouver son golf de Bedminster mercredi après-midi, a annoncé d'un tweet rageur la dissolution de deux des instances l'entourant pour le conseiller en matière de politique économique.

Les présidents Bush père et fils ne sont pas les premiers occupants de la Maison Blanche à réagir au discours de Donald Trump. Dès dimanche, Barack Obama avait répliqué dans un tweet citant Nelson Mandela, devenu le plus "aimé" de l'histoire du réseau social avec 3,4 millions de "likes" mercredi.