Discours sur l'islam, gros contrats et danse du sabre : ce qu'il faut retenir de la visite officielle de Donald Trump en Arabie saoudite

Franceinfo revient sur le premier voyage à l'étranger du président américain, qui doit s'achever ce dimanche.

Le roi Salmane d\'Arabie saoudite et Donald Trump lors du voyage officiel du président américain, à Riyad, le 20 mai 2017. 
Le roi Salmane d'Arabie saoudite et Donald Trump lors du voyage officiel du président américain, à Riyad, le 20 mai 2017.  (JONATHAN ERNST / REUTERS)
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C'est son premier voyage à l'étranger en tant que président des Etats-Unis. Donald Trump a pu bénéficier, dès son arrivée en Arabie saoudite samedi, d'un accueil royal. Lequel a été ponctué par l'annonce de méga-contrats excédant 380 milliards de dollars, dont 110 pour des ventes d'armements à Riyad, visant en particulier à contrer les "menaces iraniennes". 

La réception en grande pompe du président américain contraste avec la pression qui s'accumule sur lui à Washington après une semaine de révélations sur les liens entre sa garde rapprochée et la Russie. Franceinfo vous résume ce qu'il faut retenir de ce premier voyage officiel, qui s'achève dimanche 21 mai. 

L'accueil plutôt chaleureux de la monarchie saoudienne

Il y a un an, la monarchie saoudienne avait réservé un accueil assez glacial à son prédécesseur, Barack Obama, critiqué pour avoir amorcé un début de rapprochement avec l'Iran. Cette fois-ci, le ton est tout autre. Le roi Salmane a accueilli en personne Donald Trump, accompagné de son épouse Melania, sur le tapis rouge déroulé au pied d'Air Force One.

La fille aînée du président, Ivanka, et son époux Jared Kushner font partie de la délégation présidentielle, qui comprend aussi Stephen Bannon, conseiller stratégique de Donald Trump. Le président a par ailleurs participé brièvement à la danse traditionnelle du sabre, lors d'une cérémonie d'accueil.

Riyad était pavoisée de drapeaux saoudiens et américains. Les rues, quasiment désertes, étaient ornées de photos montrant le roi et Donald Trump avec ce slogan : "Ensemble, nous triomphons".

La signature de très gros contrats

Outre les rencontres bilatérales, dont celle avec le roi Salmane, Donald Trump a conscré la première de ses deux journées à Riyad aux investissements, avec l'annonce d'une série de contrats gigantesques.

"C'était une journée formidable", a lancé samedi le président républicain. "Des centaines de milliards de dollars d'investissements aux Etats-Unis et des emplois, des emplois, des emplois." L'agence officielle saoudienne SPA a fait état de 34 accords dans des domaines de la défense, du pétrole et du transport aérien.

Le président des Etats-Unis, Donald Trump, et le roi d\'Arabie saoudite, Salman bin Abdulaziz Al Saud, signe des contrats, à Riyad (Arabie saoudite), le 20 mai 2017.
Le président des Etats-Unis, Donald Trump, et le roi d'Arabie saoudite, Salman bin Abdulaziz Al Saud, signe des contrats, à Riyad (Arabie saoudite), le 20 mai 2017. (BANDAR ALGALOUD / SAUDI ROYAL CO / AFP)

"La valeur des investissements dépasse les 380 milliards de dollars", a déclaré le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel Al-Jubeir lors d'une conférence de presse avec son homologue américain Rex Tillerson.

Le porte-parole de la Maison Blanche, Sean Spicer, a pour sa part évoqué des contrats militaires d'une valeur de près de 110 milliards de dollars, présentés comme "l'accord d'armements le plus important de l'histoire des Etats-Unis".

Ils ont pour but de "soutenir la sécurité à long terme de l'Arabie saoudite et de l'ensemble du Golfe face à la mauvaise influence iranienne et aux menaces liées à l'Iran qui existent aux frontières de l'Arabie saoudite", a assuré Rex Tillerson.

Melania Trump et les droits des femmes

Arrivée avec son mari, Melania Trump était habillée sobrement, les cheveux apparents, contrairement aux Saoudiennes qui sont obligées de se couvrir la tête en public. La fille du président ne portait pas non plus de voile, à l'instar d'anciennes Premières dames ayant visité l'Arabie saoudite, comme Michelle Obama et Laura Bush. Michelle Obama, l'épouse de l'ex-président des Etats-Unis, avait été applaudie après sa décision de ne pas se couvrir la tête quand elle s'était rendue dans le pays.

La Première dame, Melania Trump, et le président des Etats-Unis, Donald Trump, arrivent en Arabie saoudite, le 20 mai 2017.
La Première dame, Melania Trump, et le président des Etats-Unis, Donald Trump, arrivent en Arabie saoudite, le 20 mai 2017. (MANDEL NGAN / AFP)

Problème : dans un tweet posté, le 29 janvier 2015, sur son compte personnel, Donald Trump avait écrit : "De nombreuses personnes disent que c'était merveilleux que Mme Obama refuse de porter un foulard en Arabie, mais [les Saoudiens] ont été insultés. Nous avons déjà assez d'ennemis."

Dimanche matin, la Première dame a salué le "renforcement de l'autonomisation des femmes", dans un centre de services General Electric où sont employées exclusivement des femmes, à Riyad. L'Arabie saoudite, grande pétromonarchie du Golfe qui applique strictement la loi islamique, impose une série de restrictions aux femmes. C'est notamment le seul pays au monde à interdire aux femmes de conduire. Les femmes ont aussi besoin de l'accord d'un tuteur comme le père, le mari ou le frère pour faire des études ou des voyages à l'étranger. Les femmes doivent porter des abayas, longues robes noires traditionnelles, et se couvrir la tête en public.

Un discours attendu sur l'islam

Dans un discours à Riyad, devant les représentants d'une cinquantaine de nations musulmanes, dont 37 chefs d'Etat ou de gouvernement, Donald Trump s'est déclaré, dimanche, porteur d'un message "d'amitié, d'espoir et d'amour"

Il a exhorté les pays musulmans à n'offrir aucun "refuge aux terroristes" et a annoncé un accord avec les pays du Golfe pour lutter contre le financement du "terrorisme". "Il s'agit d'une bataille entre des criminels barbares qui cherchent à éradiquer la vie humaine et des gens bien de toutes les confessions qui cherchent à la protéger", a-t-il déclaré. Invitant les pays arabes à compter avant tout sur eux-mêmes, il a estimé que "les nations du Proche-Orient ne peuvent attendre que la puissance américaine écrase cet ennemi à leur place." 

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"Nous ne sommes pas ici pour donner des leçons, nous ne sommes pas ici pour dire aux gens comment ils doivent vivre, ce qu'ils doivent faire, qui ils doivent être ou comment prier." Mais, a souligné Donald Trump, "nous ne pouvons vaincre ce mal que si les forces du bien sont unies et fortes." Cette bataille, a ajouté le président américain, suppose de "se confronter avec honnêteté à la crise de l'extrémisme islamiste et aux groupes terroristes islamistes qui s'en inspirent." 

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Enfin, Donald Trump a appelé tous les pays à "isoler" l'Iran. "En attendant que le régime iranien montre sa volonté d'être un partenaire dans la paix, toutes les nations dotées d'un sens des responsabilités doivent travailler ensemble pour l'isoler", a-t-il dit en accusant la République islamique d'attiser "les feux du conflit sectaire et du terrorisme."

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