Bloqués par Donald Trump sur Twitter, des utilisateurs l'attaquent en justice

Ces internautes estiment que la liberté d'expression interdit au président des Etats-Unis de les priver de ses déclarations publiques sur le réseau social au nom de leurs opinions.

Le compte Twitter personnel du président des Etats-Unis Donald Trump, sur une capture d\'écran prise le 11 juillet 2017.
Le compte Twitter personnel du président des Etats-Unis Donald Trump, sur une capture d'écran prise le 11 juillet 2017. (REUTERS)
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Donald Trump est-il un utilisateur de Twitter comme les autres ? Ce n'est pas l'opinion de sept internautes que le président des Etats-Unis a bloqués sur le réseau social, et qui ont annoncé, mardi 11 juillet, avoir intenté une action en justice contre lui. Ils accusent le président des Etats-Unis d'enfreindre la liberté d'expression en les privant de ses tweets au nom de leurs opinions.

Sur Twitter, n'importe quel utilisateur peut cacher ses tweets aux détenteurs des comptes de son choix en les bloquant. En l'occurrence, les sept plaignants affirment avoir été bloqués par @realDonaldTrump, le compte personnel de Donald Trump, qui est resté son principal canal de communication même s'il dispose désormais de @POTUS, le compte officiel de la présidence américaine.

Un compte utilisé pour des annonces officielles

Or "le président et ses conseillers ont, de façon extrêmement active, fait du compte @realDonaldTrump un canal de communication clé entre le président et le public", selon l'organisation de défense de la liberté d'expression Knight First Amendment Institute, qui soutient les plaignants. Elle relève que "les conseillers du président ont déclaré que les tweets de ce compte constituent des ''déclarations officielles'".

Selon l'organisation, basée à la prestigieuse université new-yorkaise de Columbia, la Maison Blanche utilise ce compte personnel "pour faire des annonces officielles, défendre les décisions et les actions officielles du président, rendre compte des rencontres avec des dirigeants étrangers et promouvoir les positions du gouvernement". Des déclarations que les utilisateurs bloqués ne peuvent pas lire et auxquelles ils ne peuvent pas réagir.

Une infraction au premier amendement ?

Pour le Knight First Amendment Institute, le compte Twitter de Donald Trump est donc un "forum public" aux yeux de la loi américaine, et "le gouvernement ne peut pas en exclure des gens simplement à cause de leurs opinions". En le faisant, il enfreindrait le fameux premier amendement de la Constitution américaine, qui garantit la liberté d'expression.

Le président américain est un utilisateur très actif de réseau social, et pas seulement pour évoquer des sujets sérieux : ces dernières semaines, il s'y est notamment mis en scène en catcheur mettant à terre la chaîne CNN, et s'en est pris à une journaliste en estimant qu'elle avait eu recours à la chirurgie esthétique et avait un "faible QI".