Barack Obama juge "cruelle" la décision de Donald Trump de supprimer le statut des "Dreamers", jeunes sans-papiers

Pour l'ancien président, à l'origine du programme Daca, protéger ces jeunes qui ont grandi aux Etats-Unis est "une question de décence élémentaire." 

Barack Obama, a reçu des \"Dreamers\" à la Maison Blanche quand il était président des Etats-Unis, le 4 février 2015. 
Barack Obama, a reçu des "Dreamers" à la Maison Blanche quand il était président des Etats-Unis, le 4 février 2015.  (KEVIN LAMARQUE / REUTERS)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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C'est lui qui avait mis en place le Daca (Deferred Action for Childhood Arrivals), alors qu'il était au pouvoir, en 2012. Barack Obama a dénoncé mardi 5 septembre une décision "cruelle" après la remise en cause par l'administration Trump du programme permettant à des centaines de milliers de jeunes sans-papiers, connus sous le nom de "Dreamers", d'étudier et de travailler aux Etats-Unis.

"Il s'agit de jeunes gens qui ont grandi en Amérique, d'enfants qui étudient dans nos écoles, de jeunes adultes qui débutent leur vie professionnelle, de patriotes qui s'engagent à respecter notre drapeau", a souligné l'ancien président dans un communiqué. 

"Une question de décence élémentaire"

Le Daca visait à faire sortir de l'ombre les enfants arrivés illégalement aux Etats-Unis avec leurs parents, pour la plupart en provenance d'Amérique latine. "S'en prendre à ces jeunes est une mauvaise décision, car ils n'ont rien fait de mal. C'est contre-productif, parce qu'ils veulent créer des entreprises, travailler dans nos laboratoires, s'engager dans notre armée et plus largement s'impliquer dans ce pays que nous aimons", a estimé Barack Obama, qui était jusqu'ici resté très discret depuis son départ de la Maison Blanche le 20 janvier.

"C'est aussi cruel", ajoute l'ancien président démocrate. "Et si le professeur de sciences de nos enfants, ou notre voisin était un 'Dreamer' ? Ou devrions-nous l'envoyer ? Dans un pays qu'il ne connait pas, ou dont il ne se rappelle même plus, avec une langue qu'il ne parle peut-être même pas ?", a-t-il ajouté. "In fine, c'est une question de décence élémentaire."

"Il s'agit de savoir si nous sommes des gens qui expulsons de jeunes travailleurs plein d'espoirs hors de l'Amérique ou si nous les traitons de la manière dont nous aimerions que nos enfants soient traités. Il s'agit de savoir qui nous sommes et qui nous souhaitons être", a conclu l'ancien président.