Avant son audition par le Congrès, l'ancien patron du FBI livre un témoignage accablant contre Donald Trump

Dans une déposition, James Comey accuse le président américain de lui avoir demandé d'abandonner une enquête sur l'éphémère conseiller à la sécurité nationale de la Maison blanche, Michael Flynn.

L\'ancien directeur du FBI James Comey lors d\'une audition par le Sénat, à Washington (Etats-Unis), le 3 mai 2017.
L'ancien directeur du FBI James Comey lors d'une audition par le Sénat, à Washington (Etats-Unis), le 3 mai 2017. (ZACH GIBSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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Avant même d'être entendu par le Congrès, James Comey livre un témoignage accablant contre Donald Trump. L'ancien patron du FBI a été écarté le 9 mai, alors qu'il était chargé de l'enquête sur les liens éventuels entre l'équipe de campagne du milliardaire et la Russie. Une déposition de James Comey a été mise en ligne (en anglais), mercredi 7 juin, à la veille de son audition devant une commission du Sénat américain. Il y porte des accusations graves contre le président américain.

L'ancien patron du FBI affirme que Donald Trump lui a demandé d'abandonner une enquête sur l'éphémère conseiller à la sécurité nationale de la Maison blanche, Michael Flynn. "J'espère que vous pourrez trouver une façon d'abandonner cela, de lâcher Flynn. C'est un homme bien", lui aurait dit le président lors d'une rencontre en tête à tête dans le Bureau ovale, le 14 février. "Cela m'a beaucoup inquiété, étant donné le rôle du FBI comme service d'investigations indépendant", écrit James Comey.

Le président aurait réclamé de la "loyauté"

L'ancien chef du FBI raconte aussi en détails un dîner à la Maison Blanche du 27 janvier, lors duquel Donald Trump lui aurait dit : "J'ai besoin de loyauté, je m'attends à de la loyauté". "Je n'ai pas bougé, parlé ou changé l'expression de mon visage", affirme l'ancien responsable de la police fédérale, décrivant "un silence gênant".

Deux autres coups de fil ont également eu lieu entre les deux hommes, le 30 mars et le 11 avril. Dans ces conversations, le locataire de la Maison Blanche a demandé au patron du FBI ce qui pouvait être fait pour "lever le nuage" de l'enquête russe, dont l'ombre l'empêcherait d'agir efficacement au nom du pays, selon ce récit. L'ex-policier a alors confirmé que le président lui-même n'était pas visé par l'enquête. "Il m'a dit à de nombreuses reprises : 'nous devons révéler ce fait'", écrit James Comey.

Trump aurait tenté de créer "une relation clientéliste"

Dans sa déposition, il confie ses craintes que le président ne tente de créer "une sorte de relation clientéliste" entre eux. Il évoque également un dîner avec Donald Trump le 27 juin, durant laquelle le président nouvellement investi lui aurait demandé s'il souhait rester à la tête du FBI.

L'ancien patron de la police fédérale confirme en outre qu'il a à l'époque consigné dans des notes le contenu de ses conversations avec le président américain. Ces révélations confirment des informations publiées dans la presse depuis le limogeage soudain de James Comey le 9 mai. Ces articles avaient conduit plusieurs élus du Congrès à soupçonner une tentative d'entrave à la justice.