Etats-Unis : soupçonné de six meurtres, un chauffeur Uber porte plainte contre la compagnie

Jason Dalton estime que la compagnie de chauffeurs privés a "ruiné" sa vie et demande 10 millions de dollars de dommages et intérêts.

Jason dalton, un Américain de 45 ans, accusé des meurtres de six personnes, perpétrés le 20 février 2016 à Kalamazoo (Etats-Unis).
Jason dalton, un Américain de 45 ans, accusé des meurtres de six personnes, perpétrés le 20 février 2016 à Kalamazoo (Etats-Unis). (CARLOS OSORIO / AP / SIPA)
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Un chauffeur Uber, accusé des meurtres de six personnes dans le Michigan (Etats-Unis), a déposé une plainte contre la compagnie de chauffeur privé et lui réclame 10 millions de dollars, soit environ 8,9 millions d'euros, comme l'explique CNN, mercredi 16 mars.  Le 20 février dernier, Jason Dalton avait semé la mort, tirant sur des personnes choisies semble-t-il au hasard en plusieurs endroits. Entre chaque fusillade, trois en cinq heures, il aurait transporté des clients.

Uber a "ruiné" sa vie

Et selon le mis en cause, c'est de la faute d'Uber s'il est en prison. Il estime en effet que son emploi l'a exposé à une pression psychologique qui explique ses crimes. Dans sa plainte, décrite dans une lettre manuscrite déposée devant un tribunal de Detroit, il affirme qu'Uber a "ruiné sa vie""Uber ne se soucie pas de ses chauffeurs, affirme-t-il. Nous sommes des paysans et des pions, facilement éjectables par Uber".

Il laisse par ailleurs entendre que sa femme veut divorcer de lui "à cause d'Uber". Il prétend enfin travailler pour la compagnie "depuis des années" et n'avoir jamais été invité à une quelconque soirée de l'entreprise ou n'avoir "jamais touché de bonus de fin d'année".

La "tête du Diable" serait apparu dans l'application

Alors qu'aucune cour n'a pour le moment enregistré la plainte, Uber a réagi brièvement à ces accusations délirantes : "C'est difficile de répondre à quelqu'un qui refuse d'assumer la responsabilité de ses actes" a déclaré la compagnie à CNN, affirmant que Dalton n'avait commencé à travailler pour Uber qu'en janvier 2016.

Lors de ses aveux, le meurtrier présumé avait déjà accusé Uber de l'avoir poussé à commettre ses crimes. C'est l'application pour smartphone qui lui aurait dit où se rendre pour tirer sur des passants après avoir pris le contrôle de "son esprit et de son corps", selon le Detroit Free Press. D'après le journal, Jason Dalton a expliqué aux policiers qu'après avoir ouvert l'application Uber, un symbole ressemblant à la tête du Diable était apparu et que, "c'est là que les problèmes ont commencé".

Le bureau du procureur a indiqué au début du mois de mars qu'un juge avait ordonné une évaluation psychologique du chauffeur, qui risque un emprisonnement à vie sans remise en liberté possible.