Donald Trump veut infléchir la politique d'ouverture avec Cuba initiée par Barack Obama

Le président américain estime que les assouplissemennts, envers le régime castriste, ne mènent qu'"à enrichir le régime" et a annoncé des restrictions. Le gouvernement de Raul Castro a dénoncé cette offensive de Donald Trump.

Donald Trump en meeting à Miami, en Floride (Etats-Unis), devant la communauté cubaine, le 16 juin 2017.
Donald Trump en meeting à Miami, en Floride (Etats-Unis), devant la communauté cubaine, le 16 juin 2017. (RAUL E. DIEGO / ANADOLU AGENCY)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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Nouveau détricotage d'une politique de Barack Obama. Donald Trump a martelé, vendredi 16 juin, en Floride (Etats-Unis), sa volonté de recalibrer le rapprochement avec Cuba, lancé fin 2014 par son prédécesseur à la Maison Blanche. Depuis le quartier de Little Havana à Miami, fief des exilés, le président des Etats-Unis a promis "un meilleur accord pour les Cubains et pour les Etats-Unis". Et annoncé la limitation des transactions avec les entités contrôlées par l'armée cubaine, omniprésentes dans le secteur du tourisme, ainsi qu'une application plus stricte des restrictions sur les voyages vers l'île communiste.

Le discours de Donald Trump marque une rupture dans la phase d'ouverture illustrée par la visite historique de Barack Obama à La Havane en mars 2016. Défendant l'amélioration des relations entre les deux pays, figées depuis la révolution castriste de 1959, ce dernier avait revendiqué l'enterrement du "dernier vestige de la Guerre froide dans les Amériques".

Le rétablissement des relations diplomatiques pas remis en cause

Les assouplissements de l'administration Obama "n'aident pas les Cubains, elles ne font qu'enrichir le régime", a-t-il martelé, promettant que l'évolution des relations avec Cuba dépendrait désormais des "réels progrès", de "changements concrets". "Maintenant que je suis président, l'Amérique va dénoncer les crimes du régime Castro (...) Nous savons ce qui se passe et nous nous souvenons de ce qui s'est passé", a-t-il ajouté, appelant à la libération de tous les prisonniers politiques.

Le gouvernement cubain a répliqué en soirée en "dénonçant" ces nouvelles restrictions aux échanges Cuba-Etats-Unis, tout en "réitérant" sa disposition à poursuivre le "dialogue" engagé avec Washington depuis le rétablissement des relations entre les deux pays. "Toute stratégie visant à changer le système politique, économique et social à Cuba, que ce soit à travers des pressions (...) ou en employant des méthodes plus subtiles, sera condamnée à l'échec", a prévenu le gouvernement de Raul Castro.

Si Donald Trump a promis, dans une formule visant d'abord à galvaniser son auditoire, d'"annuler avec effet immédiat" un accord qu'il juge déséquilibré, le président républicain n'a pas, loin s'en faut, effacé d'un trait de plume toutes les initiatives de l'administration précédente : le rétablissement des relations diplomatiques n'est aucunement remis en cause. Sur la forme, le nouveau locataire de la Maison Blanche a pris soin d'envoyer des signaux à des anticastristes qui lui ont apporté un soutien électoral précieux en Floride en novembre.