Turquie : une journaliste néerlandaise interpellée pour "insulte" à Erdogan

Ebru Umar a été arrêtée dans la nuit de samedi à dimanche à son domicile de Kusadasi, une station balnéaire de l'ouest de la Turquie.

Capture d'écran d'un tweet posté le 24 avril 2016 par la journaliste néerlandaise d'origine turque, Ebru Umar. Elle a été arrêtée la nuit précédente par la police turque pour une "insulte" à l'encontre du président turc.
Capture d'écran d'un tweet posté le 24 avril 2016 par la journaliste néerlandaise d'origine turque, Ebru Umar. Elle a été arrêtée la nuit précédente par la police turque pour une "insulte" à l'encontre du président turc. (EBRU UMAR / TWITTER)
France Télévisions

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Le pouvoir turc n'aime décidément pas les journalistes qui osent faire des critiques. "Je ne suis pas libre, nous allons à l'hôpital." C'est ce qu'a écrit sur Twitter une journaliste néerlandaise d'origine turque, Ebru Umar, dans la nuit du samedi 23 avril au dimanche 24 avril. Elle a posté ce message alors qu'elle devait subir un examen médical avant d'être présentée devant des procureurs. La journaliste a été interpellée par la police, peu avant, à son domicile de Kusadasi pour avoir "insulté" le président turc Recep Tayyip Erdogan.

"Le ministère néerlandais des Affaires étrangères suit l'affaire de près", a indiqué le porte-parole du ministère néerlandais des Affaires étrangères Herman van Gelderen. Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a indiqué "avoir pris contact" avec la journaliste. Et d'ajouter : "Notre ambassade est en étroit contact avec elle", confirmant la double nationalité de l'intéressée.

Elle a annoncé dimanche sur Twitter qu'elle avait été libérée, mais qu'elle n'était pas autorisée à quitter le pays.

Chronique très critique

Ebru Umar avait récemment rédigé une chronique très critique de l'homme fort de Turquie dans le quotidien néerlandais Metro, dont elle avait ensuite tweeté des extraits. Dans cet article, elle citait notamment, à l'appui de ses accusations contre le président turc, un courriel envoyé par le consulat général turc de Rotterdam aux Turcs habitant la région de Rotterdam qui leur demandait de lui signaler toute insulte exprimée sur les réseaux sociaux à l'encontre du chef de l'Etat turc.

Ce courriel avait provoqué une controverse. Le consulat avait par la suite parlé d'un "malentendu". Le Premier ministre néerlandais s'était dit "étonné" de cette démarche "étrange", demandant des explications à Ankara.