Turquie : 17 journalistes jugés pour "terrorisme"

Le procès de 17 collaborateurs du principal journal d'opposition indépendant s'est ouvert ce lundi 24 juillet. L'inquiétude monte sur l'avenir de la liberté d'expression sous le régime d'Erdogan.

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 "Nous ne resterons pas silencieux", scandent des manifestants en brandissant la Une du quotidien indépendant "Cumhuriyet". 17 de ses journalistes sont jugés depuis lundi 24 juillet. Le pouvoir turc les accuse de terrorisme. Leur tort : avoir dénoncé la politique de Recep Tayyip Erdogan et évoquer les liens troubles entre la Turquie et Daech. "Nous n'ignorons pas et nous n'acceptons pas que les droits de l'Homme soient baffoués, que la critique soit étouffée et que la contestation soit brimée sans que personne n'en soit responsable", dénonce Steven M.Ellis de l'International Press Institute.

RSF dénonce une "chappe de plomb" sur la Turquie

Parmi les journalistes, Can Dundar, ancien rédacteur en chef du journal, a trouvé exil en Allemagne. Il est jugé par contumace. "Nous défendons juste nos informations, nos interviews ou nos articles et nos tweets. Rien de plus ! C'est du journalisme, pas du terrorisme", se défend le journaliste. Reporter Sans Frontières (RSF) s'inquiète du sort des journalistes indépendants en Turquie : "Ils sont totalement soumis, ou placés en détention [...] C'est terrifiant à quel point Erdogan a réussi a placer une chappe de plomb sur son pays", déclare Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. 70 000 juges, avocats et intellectuels ont été arrêtés et plus de 100 000 fonctionnaires révoqués depuis le coup d'État manqué en 2016. Pourtant, la Turquie célèbre la liberté de la presse ce 24 juillet. 

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La Gay Pride à Istanbul (Turquie) réprimée par la police, dimanche 25 juin 2017. (MURAD SEZER/REUTERS)