Le calme semble être revenu, lundi 3 juin au matin, dans les grandes villes de Turquie. Mais au quatrième jour du mouvement de contestation, la colère couve toujours contre la politique du Premier ministre islamo-conservateur, Recep Tayyip Erdogan.

Dans le quartier de Besiktas à Istanbul, des jeunes continuent de défier les policiers qui quadrillent les rues. Ils ont jeté des pavés sur la chaussée et ont été repoussés à coup de gaz lacrymogène. Après des nuits de violences, les pelleteuses sont entrées en action pour détruire les barricades, érigées par les manifestants dans les rues de la ville. Les commerçants ont aussi commencé à nettoyer les vitrines de leurs magasins. Ils tentent d'effacer à l'eau savonneuse les graffitis hostiles au gouvernement, taggés par les manifestants.

A Ankara aussi, une armée de balayeurs en gilets fluorescents a débarrassé les rues des traces des affrontements des nuits précédentes. Dans la capitale turque, comme à Istanbul, les policiers, épaulés par des militaires et des véhicules blindés, sont présents en nombre. Le Premier ministre a lancé, lundi, un appel au calme après trois jours de violentes manifestations antigouvernementales et invité ses compatriotes à ne pas céder aux provocations d'"éléments extrémistes"

Un employé de McDonald's nettoie le mur du fast-food, taggé par des manifestants, près de la place Taksim à Istanbul (Turquie), le 3 juin 2013.
Un employé de McDonald's nettoie le mur du fast-food, taggé par des manifestants, près de la place Taksim à Istanbul (Turquie), le 3 juin 2013. (STOYAN NENOV / REUTERS)