Vous déambulez dans les allées du parc Gezi, à Istanbul (Turquie). Vous croisez des manifestants, foulard sur le visage, pancartes à la main. Vous vous arrêtez un instant pour lire les graffitis anti-Erdogan qui ornent les murs : bienvenue dans la peau du journaliste américain Tim Pool. Ou plutôt dans ses yeux. Depuis qu'il a chaussé les Google Glass, lundi 10 juin, il fait suivre en direct aux internautes le mouvement de contestation turc, sur le site du magazine Vice.com (lien en anglais), ainsi que via son compte twitter, @timcast (lien en anglais).

"Je reviens dans une minute, je vais sauvegarder cette vidéo et je serai vite de retour. En attendant, retrouvez-moi sur Twitter. A tout de suite." Depuis le début de la contestation, les réseaux sociaux et les nouvelles technologies ont permis aux manifestants de témoigner. Ils servent également aux journalistes, démontre Tim Pool. Equipé de la paire de lunettes à réalité augmentée de Google, il livre ses reportages en temps réel, sans montage, en direct de la place Taksim, du parc de Gezi et d'autres lieux emblématiques secoués par le mouvement de protestation contre le Premier ministre Erdogan depuis douze jours. 

Des lunettes dans le commerce en 2014

Des rues quasi-désertes au petit matin, parsemées de barricades, aux rassemblements massifs de la journée, il poste ses vidéos et ses photos sur son compte Google+, tandis que son "direct" est visionné par plusieurs miliers de personnes en même temps. 

Outre une publicité pour ce dispositif, dont la vente dans le commerce est prévue pour 2014 selon Numerama, le projet de Tim Pool fait aussi la promotion d'un medium assurant une proximité maximale entre le journaliste et les internautes. Soit l'un des multiples usages que rêve de voir se développer Google, alors que les premiers utilisateurs partagent sur Twitter (avec le hashtag #ThroughGlass) leur première expérience avec les binocles du futur (proche).