Législatives en Turquie : le parti d'Erdogan reprend la majorité absolue au Parlement

C'est ce qu'indiquent des résultats quasi-définitifs, sur la base de 97% des bulletins dépouillés. 

Des soutiens du président Erdogan célèbrent la victoire du parti islamo-conservateur aux législatives du 1er novembre 2015, à Ankara (Turquie). 
Des soutiens du président Erdogan célèbrent la victoire du parti islamo-conservateur aux législatives du 1er novembre 2015, à Ankara (Turquie).  (UMIT BEKTAS / REUTERS)

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Retour gagnant pour Recep Tayyip Erdogan. Le parti au pouvoir du président turc retrouve la majorité absolue au Parlement, après les élections législatives qui se sont déroulées, dimanche 1er novembre, en Turquie. C'est ce qu'indiquent des résultats quasi-définitifs, sur la base de 99% des bulletins dépouillés. Francetv info fait le résumé de la soirée. 

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Près de 50% des voix pour le parti d'Erdogan

Le Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) a ainsi rassemblé 49,3% des suffrages et raflé 316 des 550 sièges de députés au Parlement, précisent les chaînes turques NTV et CNN-Türk.

C'est donc une revanche pour le président islamo-conservateur de 61 ans, qui avait perdu en juin le contrôle total qu'il exerçait depuis treize ans sur le Parlement. Le Premier ministre, Ahmet Davutoglu, a salué "un jour de victoire". Il faut dire qu'avant le scrutin, la quasi-totalité des sondages ne créditaient l'AKP que de 40 à 43% des intentions de vote.

Selon les résultats partiels, le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate) arrive en deuxième place avec 24,5% des voix, suivi du Parti de l'action nationaliste (MHP, droite) avec près de 12%, tous deux en fort recul par rapport à juin. 

Le parti pro-kurde sauve sa place de justesse

Autre surprise de la soirée, le Parti démocratique des peuples (HDP, pro-kurde) a conservé sa place au Parlement que d'extrême justesse. Il avait pourtant fait une entrée triomphale en juin dernier. Avec un score de 10,4% au niveau national, il atteint tout juste le seuil nécessaire pour être représenté sur les bancs.

Cette incertitude a provoqué de brefs affrontements, en soirée, entre forces de l'ordre et jeunes militants kurdes à Diyarbakir, la grande ville à majorité kurde, dans le sud-est de la Turquie. Plusieurs dizaines de manifestants ont tiré des coups de feu en l'air et érigé des barricades de pneus enflammés devant le siège local du HDP. "Si le HDP reste sous les 10%, ce sera la guerre", a lancé l'un d'eux. La police a dispersé la foule avec des gaz lacrymogènes et des canons à eau.

La déception chez les opposants à Erdogan 

"Je suis complètement effondré mais ces résultats signifient que le peuple s'accommode très bien de la situation actuelle, a réagi Sevim, un étudiant en droit de l'université d'Istanbul. Le peuple a le gouvernement qu'il mérite." La déception domine dans les rangs des opposants à Erdogan, qui a profité d'un climat de tensions, marqué par la reprise du conflit kurde et la menace jihadiste venue de Syrie. 

L'attaque suicide perpétrée il y a trois semaines à Ankara par deux kamikazes proches du groupe Etat islamique (EI), qui a fait 102 morts, a ainsi ravivé dans le pays la peur de la violence jihadiste. Pendant la campagne, Erdogan et Davutoglu se sont donc posés en seuls garants de l'unité et de la sécurité du pays sur le thème "l'AKP ou le chaos".

Depuis l'élection du 7 juin, le climat politique s'est considérablement alourdi en Turquie. En juillet, le conflit armé qui oppose depuis 1984 les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) aux forces de sécurité turques a repris dans le sud-est à majorité kurde du pays, enterrant le fragile processus de paix engagé il y a trois ans. "La violence du PKK semble avoir beaucoup coûté au HDP et porté Erdogan à la victoire", a regretté l'ancien député CHP Aykan Erdemir.