En meeting à Metz, les Turcs partisans d'Erdogan disent leur colère : "Où elle est, la démocratie, en Europe ?"

Le ministre turc des Affaires étrangères a participé dimanche 12 mars à une réunion électorale, à Metz. Un meeting sur fond de tension diplomatique entre la Turquie et l'Europe.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu à Metz le dimanche 12 mars 2017 
Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu à Metz le dimanche 12 mars 2017  (JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP)
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Gaële JolyfranceinfoRadio France

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Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, a tenu meeting devant un millier de personnes, dimanche 12 mars à Metz, pour défendre le "oui" au référendum en Turquie. Ce scrutin vise à renforcer les pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan. Son discours a été retransmis en direct par des chaînes turques et soutenu par la diaspora venue défendre le président.

Le ton est monté ce week-end entre la Turquie et quelques pays d'Europe, le président Recep Tayyip Erdogan allant même jusqu'à qualifier les Pays-Bas de "capitale du fascisme". Les Pays-Bas avaient expulsé samedi la ministre turque de la Famille Fatma Betül Sayan Kaya et refusé d'autoriser une visite du chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu.

Reportage au meeting pro-Ergoga de Metz, Gaële Joly.

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"Pour le peuple européen c'est la honte"

Dans la salle, dimanche à Metz, deux frères franco-turcs, venus de la ville voisine de Sarrebruck. A la tribune, le chef de la diplomatie turque accuse les Pays-Bas d'avoir cédé aux sirènes du fascisme. Dans la foule, Ugur, le premier des frères, fait comme les autres, il crie sa colère. "C'est la honte. Pour le peuple européen, pour le peuple hollandais, c'est la honte. Ils parlent de démocratie, de liberté. Où elle est, la démocratie, en Europe ?"

Pour Ugur, comme pour son frère Adem, la liberté, c'est au contraire ce que le président Recep Tayyip Erdogan a offert à son pays. "En Europe, dans la presse, à la radio, on ne dit que des mauvaises choses sur lui. Jusqu'à ce que Erdogan viennent au pouvoir en Turquie, nous les Turcs, on étaient comme des esclaves en Turquie. Erdogan a changé tout ça." Et les purges ? Elles ne font que préserver la démocratie en Turquie, selon Ugur et Adem. "On dit qu'une centaine de journalistes ont été arrêtés. Mais on ne dit jamais pourquoi on les a arrêtés. Il y a des lois en Turquie. Il y a eu un coup d'Etat en Turquie. Certains journalistes soutiennent le PKK, le groupe terroriste du PKK, et certains journalistes étaient dans l'organisation du coup d'Etat."

Le 16 avril prochain, les deux frères voteront un grand "oui"  au référendum destiné à renforcer les pouvoirs d'Erdogan. Un moyen, selon eux, de rendre la Turquie plus forte, plus indépendante face aux puissances impérialistes .