World Press Photo : l'ambassade de Russie à Ankara condamne le choix du jury

L'ambassade dénonce, mardi, une décision "démoralisante" qui traduit une "déchéance complète de l'éthique et des valeurs morales".

Un homme identifié comme étant Mevlüt Mert Altintas se tient à côté du corps de de l\'ambassadeur russe en Turquie, Andrei Karlov, après lui avoir tiré dessus le 19 décembre 2016 à Ankara.
Un homme identifié comme étant Mevlüt Mert Altintas se tient à côté du corps de de l'ambassadeur russe en Turquie, Andrei Karlov, après lui avoir tiré dessus le 19 décembre 2016 à Ankara. (BURHAN OZBILICI/AP/SIPA / AP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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L'ambassade russe à Ankara a condamné, mardi 14 février, la décision du World Press Photo de récompenser la photographie montrant l'assassin de son ambassadeur se tenant debout près du corps de sa victime.

Dans un message publié sur sa page Facebook, l'ambassade s'est élevée contre une décision "démoralisante", estimant qu'elle traduisait une "déchéance complète de l'éthique et des valeurs morales". Faire "la propagande de l'horreur du terrorisme est inacceptable", a-t-elle ajouté.

Le jury salue le courage du photographe

La photographie, prise le 19 décembre par Burhan Ozbilici, de l'agence Associated Press, montre le policier turc de 22 ans alors qu'il venait de tuer de neuf balles l'ambassadeur de Russie à Ankara, Andreï Karlov, lors de l'inauguration d'une exposition. On y voit l'assassin, Mevlüt Mert Altintas, doigt en l'air, une arme à la main, son visage montrant la colère.

Les juges qui lui ont décerné, lundi, le premier prix du plus prestigieux concours de photojournalisme ont salué le courage du photojournaliste, ainsi que la portée symbolique de cette image.

"Problématique comme une décapitation terroriste"

Mais ce choix a suscité la controverse au sein même du jury du World Press Photo, a révélé son président, Stuart Franklin, dans une tribune publiée par le quotidien britannique The Guardian. "C'est une photo d'un meurtre, le tueur et le tué, tous deux aperçus sur la même image, et moralement aussi problématique à publier qu'une décapitation terroriste", a-t-il écrit.

Le président de la Commission des Affaires internationales de la Douma, Konstantin Kosachev, a affirmé que ce choix était "en marge de la morale" et demandé "combien d'autres terroristes pourraient être inspirés par cette photo".