VIDEO. Tunisie : la colère gronde à Kasserine après la mort d'un chômeur

Un policier a été tué après avoir été attaqué, mercredi, par des manifestants réclamant du travail.

Voir la vidéo
REUTERS
France Télévisions

Mis à jour le
publié le

Cinq ans après la révolution contre la dictature de Ben Ali, déclenchée par l'immolation d'un vendeur ambulant, Mohamed Bouazizi, à Sidi Bouzid, la misère et le chômage persistent. A Kasserine, le décès, samedi, d'un chômeur, mort électrocuté après être monté sur un poteau a réveillé la colère de la jeunesse tunisienne, dans cette ville défavorisée d'environ 80 000 habitants du centre du pays.

Des centaines de personnes se sont rassemblées, mercredi 20 janvier, devant le siège du gouvernorat pour réclamer "des solutions au chômage". Des dizaines de manifestants se sont ensuite dirigés vers le centre-ville, où des petits groupes ont bloqué des routes avec des pneus en feu.

Un policier tué au sud de Kasserine

Et comme la veille, des affrontements sporadiques ont opposé policiers et manifestants, pendant toute la journée. Les forces de l'ordre ont de nouveau utilisé du gaz lacrymogène pour disperser les protestataires qui leur lançaient des  pierres. La police a aussi fait usage de canons à eau et a tiré en l'air. Les accrochages ont continué malgré le couvre-feu nocturne décrété la veille.

Le mouvement s'est étendu à d'autres villes. Le couvre-feu a été élargi ensuite à Feriana et Thala. A Feriana, au sud de Kasserine, un policier a été tué après avoir été attaqué par des manifestants réclamant du travail. Dans l'espoir de calmer la grogne, le porte-parole du gouvernement a annoncé, mercredi soir, une série de mesures pour la région de Kasserine, dont l'embauche de 5 000 chômeurs et l'allocation de 135 millions de dinars (60 millions d'euros) à la construction de 1 000 logements sociaux.

Des jeunes Tunisiens affrontent les policiers anti-émeutes à Kasserine (Tunisie) le 20 janvier 2016.
Des jeunes Tunisiens affrontent les policiers anti-émeutes à Kasserine (Tunisie) le 20 janvier 2016. (CITIZENSIDE / MAHMOUD BEN MOUSSA / AFP)