Lutte contre le terrorisme : ce que prévoit le plan du ministère de l'Intérieur pour protéger "chaque Français"

Bernard Cazeneuve veut déployer des brigades anticriminalité et des pelotons de gendarmes, lourdement armés, capables d'intervenir n'importe où en 20 minutes.

Des membres de la BRI et de la BAC, lors de la cérémonie des vœux à la police, à Saint-Cyr-au-Mont-d'Or, le 15 janvier 2015.
Des membres de la BRI et de la BAC, lors de la cérémonie des vœux à la police, à Saint-Cyr-au-Mont-d'Or, le 15 janvier 2015. (MAXPPP)

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Paris et sa région ne sont pas les seules cibles potentielles des terroristes. La décapitation d'un chef d'entreprise en Isère en juin 2015, l'attaque armée d'un commissariat à Joué-les-Tours en 2014, et d'autres projets similaires déjoués, en témoignent. Ainsi, "chaque Français doit pouvoir bénéficier du même niveau de sécurité", a garanti Bernard Cazeneuve, devant les responsables de la gendarmerie et du renseignement, le 12 février.

Le Figaro détaille, vendredi 26 février, le plan du ministre de l'Intérieur pour protéger "l'ensemble du territoire national" des menaces terroristes. Un programme estimé à 16,6 millions d'euros, et destiné notamment à acheter 490 véhicules et à renforcer l'arsenal dont disposent les membres des forces de l'ordre, avait déjà précisé Bernard Cazeneuve, en octobre. En voici les principales dispositions. 

Quatre "niveaux de riposte"

Le Figaro détaille les quatre étapes qui doivent permettre aux forces de l'ordre de mettre fin à une attaque terroriste.

Police-secours, en ville, et les gendarmes territoriaux, dans les zones rurales, "formeront la première vague", en cas d'attaque terroriste, explique Le Figaro. Ils seront chargés d'éloigner le public et de tracer un périmètre de sécurité, en attendant les renforts.

Les brigades anticriminalité de la police nationale (BAC) et les pelotons de surveillance et d'intervention de la gendarmerie (PSIG), formeront un deuxième maillon, renforcé, avant l'éventuelle intervention des antennes locales de la Brigade de recherche et d'intervention (BRI) ou du GIGN.

En dernier recours, le Raid et les gendarmes d'élite du GIGN, qui sont eux basés en région parisienne, sont "projetables au besoin par moyens aériens".

Des spécialistes "armés comme à la guerre"

Le ministère de l'Intérieur souhaite que les membres de la BAC et des PSIG deviennent des forces d'intervention "armées comme à la guerre", selon Le Figaro.

Quelque 150 pelotons de gendarmerie baptisés PSIG-Sabre devraient être déployés, à partir de juin. Leur équipement sera renforcé : boucliers "sarcophages" comme ceux de la BRI, pistolets-mitrailleurs à visée électronique, fusils d'assaut allemands HK G36 et stocks de munitions renforcés.

Dans la police, les 1 745 équipes de la BAC seront rééquipées, détaille encore Le Figaro. Elles bénéficieront également de ces fusils d'assaut et de boucliers souples. Chaque policier de la BAC, y compris en civil, aura, en outre, à sa disposition un casque balistique, un gilet porte-plaques, des protège-tibias et protège-épaules.

Un maillage resserré pour intervenir en 20 minutes

Les attaques terroristes "durent entre 30 et 80 minutes", selon Le Figaro. D'où la nécessité pour les forces de l'ordre d'être en mesure d'intervenir rapidement. Le ministre de l'Intérieur souhaite que la BAC et les PSIG puissent se trouver à 20 minutes de n'importe quel lieu touché par une attaque. Une exigence qui impose un maillage resserré et des discussions entre police et gendarmerie afin de couvrir l'ensemble du territoire.

Les PSIG-Sabre seront déployés "jusque dans les territoires les plus reculés", et "ces unités quadrilleront leur secteur à bord de puissants monospaces", précise Le Figaro. Les forces d'intervention seront, en outre, équipées d'un système de géolocalisation, afin de pouvoir dépêcher l'équipe la plus proche d'une cible.