François Molins note une "accélération des dossiers de jeunes filles mineures" radicalisées

Le procureur de Paris, en charge des dossiers de terrorisme, a accordé un entretien au "Monde", publié vendredi.

François Molins, procureur de Paris, lors d\'une conférence de presse, à Paris, le 26 juillet 2016.
François Molins, procureur de Paris, lors d'une conférence de presse, à Paris, le 26 juillet 2016. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
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Alors que la rentrée des classes s'est déroulée "dans une vigilance extrême" en raison du risque d'attentat, François Molins, procureur de Paris, a accordé une interview au Monde, vendredi 2 septembre. Le magistrat est revenu sur le changement de stratégie du parquet de Paris. Mais pas seulement.

Sur la détention préventive des fichés "S" : "Absolument impossible"

Après l'attaque contre l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray, Nicolas Sarkozy avait demandé à l'exécutif "de mettre en œuvre toutes les propositions" que la droite a "présentées depuis des mois, sans délai" et à renoncer aux "arguties juridiques". Parmi ces propositions : la mise en détention provisoire des personnes fichés "S". D'autres personnalités de l'opposition, comme le député Eric Ciotti, avaient également martelé cette idée.

"Le respect de la Constitution, ce n'est pas une argutie juridique. C'est un devoir républicain", avait rétorqué le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve.

Un point de vue partagé par François Molins : "C’est absolument impossible. Il ne peut y avoir de détention préventive en-dehors d’une procédure pénale. C’est le socle de l’Etat de droit. On ne peut pas détenir quelqu’un avant qu’il ait commis une infraction."

Sur les profils des radicalisés : "Nous observons une accélération des dossiers de jeunes filles mineures"

Quatre adolescentes, dont trois mineures, ont été arrêtées, en mars, après avoir menacé de commettre des attentats "semblables à ceux du 13 novembre". En août, une adolescente de Melun (Seine-et-Marne) qui se disait prête à commettre un attentat en France a été arrêtée.

François Molins confirme qu'il y a de plus en plus d'adolescentes radicalisées. "Sur les derniers mois, nous observons une accélération des dossiers de jeunes filles mineures, avec des profils très inquiétants, des personnalités très dures. Elles sont parfois à l’origine de projets terroristes qui, sur le plan intellectuel, commencent à être très aboutis", commente-t-il. Et de préciser : "Sur le plan judiciaire, 35 mineurs sont aujourd’hui mis en examen (23 garçons et 12 filles), dont neuf sont détenus."

Sur le délit de consultation de sites jihadistes : "plusieurs" procédures déjà ouvertes à Paris et en province

Un homme de 31 ans a été condamné, début août, par le tribunal correctionnel de Chartres (Eure-et-Loir) à deux ans de prison ferme pour avoir consulté de manière répétée des sites liés à la commission d'actes terroristes. Une première. La consultation habituelle des sites jihadistes n'est devenue un délit qu'avec la loi du 3 juin.

Interrogé sur ce sujet, François Molins indique que "plusieurs" procédures ont été ouvertes à Paris et en province. Le magistrat précise qu'"il ne faut pas tomber dans le délit d’opinion, mais les personnes poursuivies se livrent plutôt à de la consultation compulsive".