Soupçons de viols en Centrafrique : le point sur l'enquête

La justice française aurait identifié trois des quatorze militaires français mis en cause par des enfants de Centrafrique. Ces derniers affirment qu'ils ont été violés. L'enquête s'annonce difficile.

(L'opération Sangaris en Centrafrique a été lancée en décembre 2013 © Reuters-Luc Gnago)
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L'armée française face au scandale. Des enfants accusent certains militaires français en Centrafrique de viols, pendant l'opération Sangaris en 2014. On a appris mercredi que le parquet de Paris enquêtait sur ces abus présumés depuis l'été dernier. A ce stade, la justice française aurait identifié trois militaires sur les 14 mis en cause par des enfants centrafricains.

 

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Ce ne sont pas des identifications formelles, mais les enquêteurs ont faits des recoupements grâce aux descriptions faites par les enfants et  aux prénoms et surnoms qu'ils disent avoir entendu.

Enquête longue et délicate

Le parquet de Paris a reçu en juillet dernier la fameuse note confidentielle de l'ONU. Les magistrats avaient alors demandé aux Nations-unies l'autorisation d'interroger la femme qui a recueilli le témoignage des enfants. Mais l'Onu a refusé de lever son immunité. Finalemen,  la femme a pu répondre à quelques questions par écrit et ses réponses sont parvenues seulement mercredi sur le bureau des enquêteurs.

 

Les gendarmes français n'ont pas encore interrogé les victimes supposées. Quatre enfants qui affirment avoir été abusés par des militaires français. Ils évoquent des fellations. Deux autres mineurs auraient été les témoins d'abus sexuels.

 

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Dans la soirée, l'ONG américaine Aids-Free World a affirmé que le rapport de l'ONU mettait également en cause trois soldats tchadiens et deux de Guinée équatoriale. Un des enfants cité dans ce rapport interne de l'ONU "a témoigné avoir vu son ami être sodomisé par deux soldats tchadiens pendant qu'un troisième faisait le guet ", a expliqué la co-directrice de l'organisation, Paula Donovan. Les enfants ont donné des descriptions précises de leurs agresseurs.